Sous-titres en arabe et en français.
Ce blog est par nature progressiste, destiné à démythifier Israël et à contrer sa propagande. Ouvert aux débats, aux échanges, et à toutes contributions allant dans ce sens.
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mercredi 4 juin 2014
Rencontre sur AlJazeera لقاء على الجزيرة
Libellés :
André Azoulay,
Egypte,
Maroc,
Monde Arabe,
Sayanim,
Sionisme,
بـ العربية
Pays/territoire :
Paris, France
vendredi 7 février 2014
Un Pont sur le Détroit. Le nouveau roman de Jacob Cohen
UN PONT SUR LE DETROIT:
Pourquoi ce jeune parfaitement américanisé ressent-il soudain une continuité avec ses ancêtres locaux ? Comment arrive-t-il à se fondre dans cette société aux valeurs contrastées ? Qu’est-ce qui lui donne cette aisance avec les femmes du cru, a priori inaccessibles, et si déroutantes ?
Pour renouer avec sa réputation, Tanger se veut aussi une ville de dialogue israélo-arabe. L’ombre de André Azoulay et de ses acolytes sionistes plane sur la rénovation de la synagogue. Arriveront-ils à leurs fins encore une fois pour transformer cette rénovation en « colloque pour la paix » ? Et quelles sont les forces qui pourront les en empêcher ?
Les aventures de Jaime Pinto font ressortir quelques aspects problématiques de la société marocaine, sans néanmoins apporter d’éclaircissement réel et apaisant à la question existentielle qui la taraude : L’amputation tragique du Maroc de sa part juive.
ISBN: 9782332655059
mercredi 13 novembre 2013
Interview de Jacob Cohen à Algeriepatriotique
Jacob Cohen à Algeriepatriotique
«Une explosion de grande ampleur n’est pas à exclure au Maroc»
«Une explosion de grande ampleur n’est pas à exclure au Maroc»
Article |
Jacob Cohen : «Le Maroc appartient de plus en plus au Palais royal et à ses affidés.» D. R.
Algeriepatriotique : Vous venez de répondre au
conseiller du roi du Maroc, André Azoulay, dans un langage cru.
Qu’est-ce qui vous a fait réagir avec autant de virulence ?
Jacob Cohen : L’affaire remonte à janvier 2012
lorsqu'un responsable d’une grande salle à Casablanca a annulé ma
conférence en prétextant des travaux qui n’ont jamais eu lieu. J’avais
alors diffusé un article intitulé : «Autocensure : la maladie infantile
de la démocratie marocaine». J’ai expliqué ce boycott par le fait que je
n’allais pas tenir le discours convenu de ceux qui prônent le dialogue,
mais en réalité préparent le terrain à la légitimation d’Israël dans le monde arabe, et en particulier au Maroc.
Je tenais alors André Azoulay pour le maître d’œuvre de cette politique
qui affaiblit le monde arabe face à la pénétration sioniste. De mon
point de vue, son rôle est extrêmement néfaste.
D’où l’inamovible et très écouté André Azoulay tient-il son influence sans limites ? Où n’est-ce qu’une vue de l’esprit ?
C’est un homme extrêmement puissant, travaillant dans l’ombre,
disposant de réseaux influents en France et aux Etats-Unis. Il faut
d’abord rappeler que c’était un dirigeant d’une grande banque française.
Il est probable qu’il fasse partie du Bnai Brit, la franc-maçonnerie
juive internationale, qui regroupe 500 000 membres à travers le monde et
très bien représentée en Amérique. Il est presque chez lui à New York
et doit certainement fréquenter le gratin de cette métropole économique
et financière. Or, c’est là que sont attribués les prêts financiers, que
sont conclus la plupart des grands accords bancaires, commerciaux et
douaniers. Azoulay peut ouvrir toutes les portes pour un pays comme le
Maroc.
Des éléments probants montrent qu’André Azoulay a contribué
dans une large mesure à semer le doute sur la situation qui a prévalu en
Algérie dans les années 1990, en faisant la promotion de la thèse du
«qui tue qui» qui absolvait les terroristes de leurs actes criminels.
Cet acharnement contre l’Algérie s’explique-t-il uniquement par la
mésentente entre nos deux pays sur la question du Sahara Occidental ?
Les tensions entre le Maroc et l’Algérie remontent à 1963. Et ce qu’on a
appelé «la guerre des sables». Un conflit armé tout de même entre deux
pays «frères» nouvellement indépendants. L’affaire du Sahara Occidental
n’est qu’une manifestation de ces tensions, plus liées à la question
d’hégémonie régionale. En soutenant le Sahara Occidental, l’Algérie
cherche à affaiblir son voisin et concurrent et à l’enfoncer dans une
guerre sans fin. Je ne crois pas beaucoup au droit international. Les
Etats ne l’invoquent que lorsque cela les arrange. C’est valable pour tous les
pays. Si les conflits se réglaient conformément au droit international,
on s’adresserait plus souvent à la Cour internationale de justice. Or,
elle est quasiment au chômage.
Pensez-vous que l’Algérie et le Maroc pourraient transcender
leurs différends malgré la différence radicale entre les deux régimes ;
l’un, marocain, monarchique et ultralibéral, l’autre, algérien,
républicain et entretenant une sorte de socialisme déguisé ?
Le problème pour ces deux pays voisins est de trouver un modus vivendi
d’équilibre régional et de respect mutuel. Ce qui ne semble pas le cas
actuellement, bien que cette situation soit terriblement préjudiciable
aux deux pays qui ont des économies complémentaires. Et qui le paient
cher. Quand on pense à ce qu’ils auraient pu réaliser en commun pendant
les 40 dernières années ! Pour utiliser une référence marxiste, je
dirais que les différences entre les deux régimes représentent la
superstructure, c’est-à-dire l’expression de contradictions et
d’oppositions beaucoup plus structurelles, et qui y vont de leur survie.
Le plus terrible, c’est cette dynamique de la défiance et de la haine
qui s’est enracinée et qui pourrait compromettre un vrai rapprochement,
malgré une bonne volonté des dirigeants. Je crois que ces derniers
finissent par être prisonniers de leurs propres mythes.
L’opposant Abdelmoumène Diouri, avant de rentrer au Maroc après un long exil, a publié son fameux livre A qui appartient le Maroc ? Avez-vous une réponse à cette question ?
Le Maroc appartient de plus en plus – ce qui n’était pas le cas jusque
dans les années 80 – au Palais royal et à ses affidés, avec la
collaboration complice des grandes multinationales. On peut dire
aujourd’hui qu’aucune activité économique d’importance n’échappe, au
moins en grande partie, à l’emprise du roi. Et cela ne concerne pas
seulement les secteurs modernes de l’économie. L’agriculture, secteur
traditionnel par excellence, est devenue un enjeu capital pour
l’enrichissement de la monarchie. Les meilleures terres, surtout celles qui étaient occupées
par les colons français, sont devenues la chasse gardée du pouvoir et de
ses obligés et représentent un secteur productif tourné vers
l’exportation.
Les indicateurs économiques et financiers montrent que le Maroc
traverse une crise sévère qui l’oblige à recourir à l’emprunt malgré
une dette extérieure faramineuse, hypothéquant ainsi jusqu’à son
indépendance. Quelles sont les raisons de cette crise ? Comment un Maroc
surendetté pourrait-il en sortir ?
Les raisons de la crise résident dans le choix du développement choisi,
c’est-à-dire favoriser une minorité privilégiée au détriment de la
majorité et en y associant des groupes internationaux, intéressés par un
bénéfice immédiat et rapatriable. Et on s’y enfonce en en devenant
l’otage de leurs exigences. Tant que le Maroc poursuivra dans cette
logique financière et marchande, on ne voit pas comment il peut se
libérer de l’emprise internationale. Sans compter que les possédants
nationaux n’ont qu’une hantise : faire échapper leur fortune au fisc par
la corruption et l’évasion dans les paradis fiscaux.
Le Maroc est-il à l’abri d’une explosion sociale si la situation empirait davantage ?
Des explosions sociales, il y en a déjà eu. J’en ai vécu
personnellement trois. En 1965, 1981 et 1984. Et il y en a toujours,
mais qui restent localisées. Le peuple n’en peut plus devant les
inégalités criantes, la corruption et les injustices. Mais ces
explosions sont toujours matées dans le sang. En 65, on tirait à la
mitraillette sur les manifestants des hélicoptères. Une explosion d’une
grande ampleur n’est pas à exclure, mais le régime n’hésitera devant
aucune extrémité pour la mater, car il aura le soutien total de
l’Occident et du monde arabe qui n’ont pas envie de voir tomber un de
leurs bastions. Regardez la révolution à Bahreïn, comme elle est noyée
dans le sang dans l’indifférence des médias et le silence des
chancelleries.
Comment expliquez-vous la main tendue par le Conseil de
coopération du Golfe (CCG) au Maroc, pourtant moins riche et
géographiquement éloigné ?
Solidarité de monarchies, de régimes, de pays ayant la même vision de
leurs intérêts, totalement dépendants de l’Amérique et incapables
d’avoir une vision propre, collaborant plus ou moins ouvertement avec
l’Etat sioniste. Les monarchies du Golfe se sont toujours «inquiétées»
du sort du Maroc, notamment lorsque des régimes révolutionnaires arabes
voulaient abattre cette monarchie «rétrograde et réactionnaire». Une des
principales raisons qui font que le régime marocain tient malgré tout
et arrive à s’en sortir, c’est l’aide généreuse du Golfe. Le roi s’y
rend régulièrement pour parfois «boucler les fins de mois».
Le sionisme domine le monde à travers les deux leviers
superpuissants que sont les finances et les médias, compensant ainsi son
infériorité numérique. Jusqu’à quand cette omnipotence pourra-t-elle
durer, selon vous ?
Cette omnipotence durera tant que dureront la puissance et l’utilité
d’Israël. En fait, tout se tient, tout le système est lié. Les deux
côtés s’aident et se renforcent mutuellement. Malgré tout, un changement
est en train de s’opérer au niveau des médias. L’omnipotence sioniste
est battue en brèche. Le discours antisioniste passe de plus en plus.
Les critiques d’Israël sont devenues quotidiennes.
Comment le sionisme arrive-t-il à phagocyter les institutions politiques des puissances occidentales ?
Le sionisme a inventé un réseau unique dans l’Histoire. Il s’appuie sur
une espèce de cinquième colonne composée de dizaines de milliers de
juifs qui habitent hors d’Israël. Ces juifs sionistes acceptent de
collaborer avec le Mossad depuis les années 50. On les appelle des sayanim (informateurs, ceux qui aident, en hébreu). J’ai décrit leur action en France dans mon livre Le Printemps des Sayanim (éd. L’Harmattan). Ces sayanim
occupent des postes importants dans tous les secteurs d’activité : les
universités, les institutions financières et gouvernementales, le
cinéma, la musique, la publicité, et surtout dans les médias. Ils
contrôlent et façonnent l’information. Imaginez 5 000 sayanim à Hollywood contrôlant l’industrie du cinéma et de la télévision. Imaginez 5 000 sayanim
à New York contrôlant la finance. Et 5 000 à Washington contrôlant le
Congrès. Et il y en a des milliers en Angleterre, en Allemagne, etc.
André Azoulay, pour moi, en est certainement un. Et vous comprendrez
comment cette puissance occulte soutient la cause sioniste.
Le sionisme pourrait-il être vaincu ? Comment ?
Le sionisme est un colosse aux pieds d’argile. Parce qu’il est en train
de perdre sa légitimité dans le monde entier. Malgré l’activisme des
sayanim, Israël n’a plus la côte. Quand on a connu les années 60 et 70,
on voit tout le chemin parcouru. La victoire serait à portée si le
peuple palestinien n’était pas dirigé par une bande de collabos, prêts à
«négocier» avec l’occupant pour quelques privilèges illusoires, avec la
bienveillance de l’Occident et des dirigeants arabes. Si l’Autorité
palestinienne acceptait de se dissoudre et de laisser Israël redevenir
un vrai occupant, au vu et au su de tous, les sionistes ne tiendraient
pas deux ou trois ans. Le monde entier ne pourra faire autrement que de
les boycotter, exacerbant les tensions internes qui minent la société
israélienne.
Vous êtes établi en France où toute critique contre Israël est
assimilée à de l’antisémitisme. Comment vivez-vous cette situation ?
C’est une situation excessivement pénible. Par exemple, j’ai été
agressé à 2 reprises par la Ligue de défense juive, un groupe sioniste
extrémiste. Il n’y a eu ni enquête ni procès. La première agression a
été classée sans suite. Alors que des insultes antijuives entraînent
souvent des peines de prison ferme. On doit se battre contre tout cela
aussi.
Beaucoup d’observateurs notent une jonction entre l’extrémisme
religieux incarné par la mouvance salafiste et le sionisme. Quel est
votre avis ?
Il peut y avoir convergence d’intérêts dans certaines situations
particulières, comme le sionisme peut aussi bien s’entendre avec des
dictateurs laïques ou des monarchies modérées. Il ne faut pas en tirer
des généralités. Le sionisme cherchera toujours des alliances
conjoncturelles, surtout si elles divisent le camp arabe. Diviser pour
régner.
Le «printemps arabe» est-il un mouvement spontané des peuples
dans les pays qui l’ont vécu ou est-ce la conséquence d’un plan de
déstabilisation ourdi «ailleurs» et dont la mise en œuvre a été
facilitée par le ras-le-bol des populations arabes ?
Je suis convaincu que le «printemps arabe» a été un mouvement spontané.
Les pays occidentaux sont tout, sauf fous. Quel intérêt de déstabiliser
les régimes tunisien et égyptien, alliés fidèles de l’Amérique et très
compréhensifs à l’égard d’Israël ? Cette vieille «stabilité» était louée
de partout et l’Occident fermait les yeux sur le reste. Mais une fois
que l’Occident a compris que c’était fichu, il s’est arrangé pour suivre
le mouvement et en contrôler l’évolution. En ce sens, tout semble
rentrer dans l’ordre, l’ordre d’avant bien entendu. Trop d’intérêts sont
en jeu. On ne laissera jamais un pays arabe choisir la voie qui lui
convient. C’est ça l’impérialisme. Et il a de solides arguments et des
alliés arabes qui obéissent au doigt et à l’œil.
Entretien réalisé par M. Aït Amara et Mohamed El-Ghazi
dimanche 27 octobre 2013
ALI ANOUZLA ou la victoire du Makhzen
Après les satisfecit d’usage – qui n’éprouverait pas un
soulagement extraordinaire de voir un homme intègre, un journaliste engagé, un
novateur médiatique, sortir des geôles infâmes d’un régime autoritairement
ubuesque ? – vient le temps des questions.
Il serait indécent de critiquer l’homme pour avoir
éventuellement cherché un arrangement avec ses persécuteurs. La prison, et en
particulier celle où il a été enfermé, doit être une expérience terrifiante
surtout lorsqu’on se sait innocent. Et nul doute que ses geôliers ont dû
recevoir des instructions pour la lui faire goûter. Et rien que la perspective
d’y passer plusieurs années aurait donné des cauchemars à plus d’un.
Il n’est pas inopportun d’apparaître comme l’autorité suprême qui, en dernier recours, et suite aux sollicitations venant de toutes parts, fait un geste d’apaisement alors qu’il en a été l’instigateur. Il y a là un renversement de situation qui frise le machiavélisme. L’autocrate se mue en bon père du peuple au-dessus de tous. Applaudissez bonnes gens ! On lui donnerait presque la médaille du juste. Faisons confiance aux médias serviles (un quasi-pléonasme au Maroc) pour nous servir cette belle fable.
L’autre objectif atteint par le Makhzen, qui n’a eu de cesse depuis 1956 de concentrer entre ses mains la réalité du pouvoir, de tous les pouvoirs, est de contrôler toute forme d’opposition, par tous les moyens. Seules les méthodes se sont « adoucies » vu le contexte international. Avec l’arrestation et la mise en examen de Ali Anouzla, il a réussi à museler l’un des rares sites d’informations qui se croyait en état de droit véritable et non en démocratie illusoire et dévoyée.
Qu’adviendra-t-il de ce site ? Il se sait sous surveillance et ses journalistes sont à la merci d’une convocation de justice initiée par le Palais. Drôle d’ambiance pour faire son métier d’informer.
Le dernier objectif recherché par le Makhzen est de caractère dissuasif. Terroriser à l’avance tous ceux qui auraient la prétention de critiquer le régime et ses dérives autoritaires. Avis aux « têtes brûlées » du 20 février et autres groupuscules contestataires. Seule une « opposition » médiatique soft, respectueuse, limitée, encadrée, sera tolérée. Et encore ! Une petite saisie de temps en temps, ou une amende, rappellent à bon escient qui est le Maître. C’est la politique de la carotte et du bâton dont Hassan 2 avait déjà montré toutes les subtilités, nous laissant une classe politique dans l’ensemble servile, timorée, corrompue, avec comme seul idéal de se faire sa place au soleil à n’importe quel prix.
Au-delà du destin personnel de Ali Anouzla, pour qui j’ai un
profond respect et à qui je souhaite un avenir digne de ses qualités, les
perspectives d’une démocratie réelle au Maroc paraissent bien dérisoires. La
faute aussi et surtout à une élite, prise au sens large, qui a sombré dans le
conformisme et la lâcheté.
Jacob Cohen
27 octobre 2013
vendredi 18 octobre 2013
ALI ANOUZLA, ou le règne d'Ubu Roi
L'autocratie marocaine n'a jamais abandonné ses vieux démons
et sa propension à tout contrôler, tout dominer, par l'arbitraire et
l'humiliation. D'ailleurs elle ne doit son pouvoir absolu post-colonisation
qu'à l'aide militaire des occupants français et espagnols qui ont écrasé les
forces démocratiques qui auraient pu lui porter ombrage. En en payant un prix
élevé : Abandon d'une partie du territoire national, soumission à
l'impérialisme économique et financier, collaboration avec le sionisme. Ainsi
ce régime peut se perpétuer avec la bénédiction de ses parrains étrangers. Ne
se maintenant que grâce à la corruption et à l'injustice. Et la soumission de
tous les partis politiques institutionnels, plus intéressés par les prébendes
que par l'intérêt du peuple. Et une élite moderniste séduite par les
sirènes d’un progrès illusoire et strictement encadré.
On a beaucoup glosé sur cette monarchie capable de se transcender et de se
mettre au diapason des aspirations démocratiques universelles. Comme si le
jeune âge et les virées sportives étaient synonymes de modernité démocratique.
Chassez le naturel, il revient au triple galop. On a affaire à une monarchie de
droit divin devant laquelle tout droit ou toute liberté doivent s’incliner. On
comprend alors pourquoi la « lettre de cachet » emprisonnant Ali
Anouzla a été acceptée avec servilité par la classe politique.
Les médias n'ont obtenu qu'une liberté de façade. Une
liberté surveillée, muselée, avec une petite carotte et surtout un gros bâton.
Des titres ont disparu. Des journalistes ont connu la prison. La peur et l'autocensure
fonctionnent déjà comme armes dissuasives. Les médias savent ce que les
recettes publicitaires leur rapportent et la main qui pourrait leur fermer ce
robinet financier devenu indispensable.
L’existence d’un média sur internet, libre et indépendant,
dirigé par des hommes intègres et courageux, même s’il ne représentait qu’une
goutte face à la vague monstrueuse du pouvoir et de ses obligés, devenait
intolérable. Comme un petit caillou dans les mocassins des dirigeants repus.
Non pas tant par le contenu des informations et des éditoriaux que par
l’exemple qu’il imposait et l’espoir qu’il suscitait, et la mauvaise conscience
qu’il donnait aux médias serviles ou qui font semblant de faire leur métier.
Que vive LAKOME !
Que vivent ses journalistes !
Et que la graine qu’il a semée porte ses fruits !
Jacob Cohen. Paris. 18 octobre 2013.
lundi 15 juillet 2013
Jacob Cohen VOUS OFFRE SON NOUVEAU ROMAN:
UN PONT SUR LE DETROIT
"Jaime Pinto est architecte, né à Montréal de parents juifs tangérois ayant quitté leur ville dans les années 70. Il existe à Tanger une très belle synagogue construite vers 1860. Jaime Pinto viendra à Tanger pour la rénover. Une espèce de retour aux sources."
jeudi 4 juillet 2013
COUP D’ÉTAT EN EGYPTE. REGARD SUR LE MONDE ARABE.
Ce qui s’est passé en Egypte est d’abord un coup d’État,
c’est-à-dire un renversement par la force des institutions démocratiques, suivi
par l’arrestation arbitraire des principaux responsables, légitimement élus.
On peut bien sûr épiloguer sur la dérive
« islamiste » du pouvoir et de la nécessité d’y mettre un terme. Au
nom de certaines valeurs tout à fait honorables et qui définissent une société
démocratique et évoluée. Ces valeurs que l’Occident souffle aux oreilles des
Arabes qui se disent et se veulent progressistes. Pourquoi pas ? Sauf que :
Depuis 2 siècles, l’Occident n’a eu de cesse d’occuper, d’exploiter
et d’humilier
la Nation arabe. De créer des États artificiels comme le
Koweït ou la Transjordanie pour s’accaparer de richesses ou placer un roitelet
servile. Et une fois les « indépendances » octroyées, de soutenir des
régimes dictatoriaux et corrompus pour garder la haute main sur tous les pays
de la région.
Enfin l’Occident a créé, développé et armé Israël pour
servir de chien de garde et briser toute tentative d’émancipation et de
développement autonome de tout pays arabe. Rappelez-vous comment l’Egypte de
Gamal Abdel Nasser a été humiliée, écrasée et défaite, parce que le Raïs avait
osé nationaliser le Canal de Suez et appeler à l’unité et à la résistance.
L’Egypte actuelle est réduite à demander l’aumône de l’Amérique et des
monarchies du Golfe, et à respecter les injonctions du régime sioniste.
Moubarak a été un superbe toutou pendant 30 ans. Mais « respecté »
par les dirigeants du monde. Que de fois Israël lui a décerné un certificat de
bonne conduite ! Ah, quelle perte !
Ces « valeurs » dont se gausse l’Occident, elles
ne sont pas pour les bougnoules. Malgré les gesticulations pathétiques de
beaucoup d’Arabes. Le Maroc, comme d’autres pays, disposait après
l’indépendance d’une classe politique et intellectuelle désireuse de mener la
société vers la justice, l’alphabétisation, le parlementarisme, le combat
anti-colonial, etc. Mais Hassan II, avec la bénédiction de la France et de
l’Amérique, a détruit toutes les forces progressistes et élevé la corruption au
rang de valeur absolue. Sa fortune est bien gardée dans les coffres
occidentales. Et le pays est devenu une chasse gardée du Mossad. On pourrait
dresser le même constat pour les autres pays. Mais que l’un d’entre eux osât
briser le joug impérial, et la vengeance s’abat sur lui avec une terreur telle
que la leçon a bien été retenue. Avec la complicité et la honte des États
« frères ». Je veux bien sûr parler de l’Irak. C’était pourtant un
État laïc où la femme était libérée. Quelle parodie ! L’Occident se fiche
éperdument de la femme arabe. Comment cette entourloupe échappe-t-elle encore
aux esprits éclairés ? Prenez la situation de la femme en Arabie Saoudite.
Vous faut-il un dessin ? Pourtant, nos médias et nos politiques sont d’une
discrétion touchante. Parce que c’est un pays aux ordres. L’Occident adore
l’Arabie Saoudite. Sa stabilité. C’est-à-dire l’immobilisme d’une monarchie
ventrue, pourrie jusqu'à la moelle, veule, insipide, machiste, collaborant même
avec les sionistes, envoyant ses tanks mater la révolution au Yémen et à
Bahreïn. Tenez ! Où sont ces voix qui hurlent à la démocratie ? Les
Saoudiens qui tranchent les têtes au sabre en place publique. Les mêmes
Saoudiens, hypocrites et menteurs, qui avaient transformé Casablanca dans les
années 80 en lupanar pour consommer l’alcool, les putes et double prime pour
les vierges nubiles. Les autorités locales avaient la reconnaissance du ventre,
en leur offrant un terrain de 3 hectares sur la Corniche, où ils ont construit
un palais pour leurs orgies et une.. Mosquée.
Pour une fois, une fois en 60 ans, qu’un pays arabe sur 22
avait élu ses dirigeants de façon démocratique, et c’en est déjà trop au bout
d’une année. On fait appel aux militaires pour rétablir la démocratie, et on
glorifie leur action. Des militaires dont la fine fleur est formée (formatée)
dans les académies US, qui ont régné sans partage pendant 40 ans, fait main
basse sur l’économie égyptienne, amassée des fortunes planquées dans les
paradis fiscaux, signé une paix séparée avec l’ennemi sioniste et lui livrant
la Palestine, se soumettant aux instructions d’Israël pour briser la résistance
des Gazaouis, acceptant l’aide américaine (le 1/3 que reçoit Israël pour une
population 10 fois supérieure) qui met le pays à la merci du bon vouloir et du
chantage occidental.
C’est vrai, où en avais-je la tête ? Il y avait
paraît-il une islamisation rampante. Quelle horreur ! On n’aurait pas pu
attendre les prochaines élections ? La volonté du peuple exprimée
démocratiquement ne signifie plus rien ? Personnellement je n’ai aucune
inclination particulière pour les sociétés religieuses. Mais le recours à la
religion aujourd’hui a ses raisons. L’Occident ressort l’argument de
l’islamisation lorsque cela lui convient et de la manière qui l’arrange. Ce qui
le dérange, l’Occident, ce n’est pas tant l’islamisme que sa prétention à
retrouver la dignité d’antan, à rejeter l’emprise impériale et la mainmise
sioniste sur le destin de la Nation arabe. Cet islamisme-là, il faut
l’éradiquer. Il fait peur. Il donne de mauvaises idées. Au Maroc par exemple,
il y a les « bons » islamistes comme ceux du PJD qui acceptent la
suprématie royale et le pillage de l’économie en partageant le gâteau, et les
« mauvais » islamistes de Al-Adl wa Ihsane, que l’on combat avec les
méthodes de Hassan II : disparitions, tortures, condamnations expresses,
parce qu’ils font de l’alphabétisation et créent des ateliers de couture et d’informatique.
Suppléant les carences de l’État.
J’aimerais en conclusion que les peuples arabes se libèrent,
à leur manière et sans ingérence extérieure, de l’emprise impérialo-sioniste,
et se développent dans la liberté et la dignité.
Jacob Cohen
samedi 16 mars 2013
mercredi 13 mars 2013
vendredi 8 mars 2013
jeudi 7 mars 2013
jeudi 6 décembre 2012
mardi 23 octobre 2012
TEMOIGNAGE EMOUVANT ET INSTRUCTIF RECU DE MONTREAL
TEMOIGNAGE EMOUVANT ET INSTRUCTIF RECU DE MONTREAL par mail.
Lettre a grand HOMME
Cher Mr. Cohen,
Je suis Marocain, j'ai 28 ans j'ai grandi a Kenitra et j'habite
maintenant a Montréal et ça fait plus d'une année que je suis votre
blog.
Je vous écris pour vous manifester ma sincère admiration pour
votre courage et votre parole libre. Vos vidéos m'ont permis de
comprendre l'immigration massive des
marocains
de confession juive que ça soit en Israel ou ailleurs (d'ailleur même
les musulmans essaient de trouver n'importe quel moyen pour sortir du
pays non par manque d'amour pour la patrie mais plus pour des raisons
sociaux-économiques).
J'ai posé des questions a mes parents et a mes
grand parents (qui vivent a Rabat) pour essayer de connaître ce passé
ou il y avait une forte communauté juive encore au Maroc, j'ai eu deux
histoires:
Ma grand-mère maternelle m'a raconté qu'un jours un
inconnu avec un enfant marchait dans le quartier avec un enfant dans la
main, il a frappé a la porte de ma grand mère proposant de lui vendre le
jeune enfant, ma grand mère a récupèré cet enfant. Elle a attendu que
mon grand-père rentre le soir à la maison puis ils ont amené cet enfant
au commissariat du quartier. En arrivant au commissariat, une grand
foule entourait le commissariat réclamant des autorités des actions pour
trouver un enfant perdu celui la même quand ma grand-mère a récupéré.
La famille juive était heureuse de récupérer l'enfant kidnappé, s'en
suit une invitation a la Skhina pour ma grand-mère :)
Et donc,
quand j'ai entendu parler de votre livre DU DANGER DE MONTER SUR LA
TERRASSE je ne me suis pas dit que c'est des exagérations.
A
son tours mon père qui a grandi dans le melah de Rabat, m'a raconté que
lorsqu'il était jeune, l'école juive qui était à côte de son école
distribuait aux enfants musulmans des sandwichs a midi malgré que
ceux-ci n'étaient pas tout le temps gentils avec les petit juifs.
J'en ai conclu que c'était pas le paradis tel qu'on essayait de nous le
vendre mais c'est pas quand même Allemagne Nazi ni le pogrom. Je n'ai
jamais senti une haine du juive dans le Maroc contemporain mais plus une
haine du sionisme. Ainsi vos vidéos mon permis de construire une vision
plus nuancée de ce passé que presque personne n'évoque avec
objectivité.
J'ai beaucoup aimeé vos vidéos sur le comportement des
Fasis vis-a-vis des juifs c'était très instructif. Il y a aussi
l'histoire du club de lecture de Casablanca et le silence lâche de
l'audience, ça m'a beaucoup touché et je me suis posé la question:
qu'est ce que j'aurai fais si jetais présent ? une autre histoire qui m'
a beaucoup toucheé c'est celle de Abraham Serfati et miniane pour le
Kadish de son père.
Je ne peux qu'imaginer les pressions que vous
subissez dieu vous recompensera de votre courage et votre honnêteté car
vois en vous un homme qui porte haut une des valeurs que j'aime le plus
de l'islam et qui malheureusement n'est pas pratiqué par la majorité des
musulmans: Dire la vérité même si cela n'est pas dans ton intérêt ou
celui de ta famille ou communauté.
J'aimerais tellement vous
rencontrer si vous passez par Montreal faites moi signe et si par
malheur :) je dois passer en France je ferais mon possible pour entrer
en contact avec vous. Rares sont les hommes qu'on peux admirer de nos
jours et pour moi vous en faites partie.
Pour vous soutenir je vais
commander cette semaine sur amazon tous vos livres disponibles en
espérant qu'un jours je me les ferais autographier par vous :)
Je prie pour que dieu vous protège et vous donne une longue vie.
Un compatriote fier de vous.
vendredi 14 septembre 2012
mardi 4 septembre 2012
Le Mossad au Maghreb : Les services historiques que lui a rendus le Maroc
Casablanca - Il y a quelque temps, Jacob Cohen, un écrivain juif, français-marocain, connu pour ses écrits anti-sionistes a posté un article sur son blog qui a causé beaucoup d'émotion au Maroc. Il a révélé qu'Andre Azoulay, un conseiller royal de l'ancien roi Hassan II puis de son fils Mohamed VI, était aussi un espion israélien. L'article expliquait qu'Azoulay qui avait 71 ans et venait de la ville septentrionale de Essaouira, faisait partie de l'organisation des sayanim du Mossad, un réseau mondial d'opérationnels juifs non israéliens.
Les autorités marocaines n'ont pas fait de commentaire officiel sur ce sujet délicat et Azoulay n'a pas démenti l'accusation. Mais les autorités ont répondu indirectement en annulant une conférence que Cohen devait tenir sur le sujet de la coexistence des Juifs et des Musulmans au Maroc. Cela a été ressenti comme une volonté d'empêcher toute discussion autour des accusations de Cohen contre Azoulay et d'une façon plus générale, autour de son dernier livre : le printemps des Sayanim.
Pour Cohen les sayanim sont des Juifs de la Diaspora qui, pour des raisons "patriotiques" collaborent avec le Mossad et d'autres agences sionistes en leur fournissant l'aide dont ils ont besoins dans leur domaine de compétence. Le réseau a été créé dans les années 1950 et a été utilisé dans beaucoup d'opérations de services secrets ou à des fins de propagande, ainsi que pour inciter les Juifs à quitter leurs communautés de la Diaspora pour venir s'installer comme colons en Palestine.
L'infiltration par Israël de la cour royale marocaine n'avait pas comme seul propos de faire partir les Juifs du Maroc. Le Mossad voulait aussi influencer la politique d'Hassan II et empêcher tout rapprochement entre lui et l'Egypte de Gamal Abdul-Nasser. Récemment le président israélien Shimon Peres a organisé une réception en l'honneur de l'agent israélien qui avait organisé les premières immigrations de Juifs marocains en Israël. David Littman est arrivé au Maroc en prétendant être un clergyman anglais et il s'est installé à Casablanca. Il a mis au point une méthode pour transférer les Juifs marocains en Israël connue sous le nom d'Opération Mural, qui ciblait des enfants juifs marocains. Littman prétendait organiser des séjours de vacances d'été en Suisse pour les enfants pauvres, mais en fait il les envoyait en Israël.
Avant et après l'Opération Mural, l'aide que la monarchie marocaine a apporté au départ des Juifs marocains lui a rapporté beaucoup d'argent, surtout après que Hassan II ait pris le pouvoir en 1961. Il a personnellement supervisé les transactions.
L'auteure Française, Agnes Bensimon, décrit dans son livre "Hassan II et les Juifs" la manière dont le Mossad a initié les négociations avec Hassan II après la mort de Mohamed V. Le nouveau roi a exigé un demi-million de dollars pour faciliter le départ d'un premier contingent de 50 000 Juifs, et la même chose pour le contingent suivant. Cela a aussi été révélé par Simon Levy, un des Juifs marocains qui a résisté à la pression d'émigrer en Israël et qui est mort il y a deux ans après avoir été un dissident pendant le règne de Hassan II.
Les règlements pour le transfert des Juifs marocain ont été virés par Israël sur des comptes secrets en Suisse, au nom même du roi semblerait-il. Mais Ahmed Reda Kadira, l'ami du monarque qui a négocié les transactions pour le compte du roi et qui a plus tard été nommé conseiller, n'a pas été oublié. Les opérations lui ont permis de financer son quotidien, Les Phares, qui était de fait le porte-parole du palais et dont la spécialité était de dénoncer les critiques du roi.
La "Guerre des Sables" qui a éclaté entre le Maroc et l'Algérie en 1963 a fourni à Israël l'occasion qu'ils attendaient lorsque Abdul-Nasser s'est rallié à l'Algérie nouvellement libérée contre l'attaque marocaine de son territoire.
Les transactions de cette époque entre Rabat et Tel Aviv ont été conclues via Téhéran sous les auspices du Shah d'Iran. Mais la coopération militaire entre les deux pays a continué. On pense qu'Israël a joué un grand rôle dans la construction du grand mur de sécurité de 2 600 km à l'ouest du Sahara destiné à empêcher les attaques du Front Polisario qui se battait pour l'indépendance de son territoire depuis 1975.
Le conflit n'est toujours pas résolu en dépit du cessez-le-feu de 1999. Pendant les six années de guerre qui l'ont précédé, les combattants Polisario ont souvent pris des armes à l'armée marocaine fabriquées en Israël ou en Afrique du Sud du temps de l'apartheid.
La coopération militaire a souvent entraîné une coopération des services secrets, surtout après que le chef du Mossad Yitzhak Hofi ait organisé une rencontre secrète au Maroc en 1976 entre Hassan II et Yitzak Rabin, le premier ministre israélien. La collaboration du roi avec Israël qui s'en est suivie, a été largement documentée par des écrivains et des dissidents. Selon l'écrivain égyptien Muhammad Hassan ein Haikal dans son livre Kalam fis-Siyasa (à propos de politique), Hassan II a même autorisé le Mossad à installer des micros dans les lieux du Maroc où se réunissaient les sommets arabes. Le rôle le plus fameux qu'Hassan ait joué cependant, c'est quand il a aidé à l'accord de paix entre l'Egypte et Israël. Israël lui en a été infiniment reconnaissant: il a émis un timbre de commémoration en son honneur à sa mort en 1999.
En échange des services du roi du Maroc, Israël et le Mossad l'ont aidé contre ses opposants principalement. On a bien reconnu la main du Mossad dans l'enlèvement et l'assassinat du dissident marocain le plus célèbre, Mahdi Ben-Barka, qui a disparu à Paris en 1965. On pense aussi que les Israéliens ont alerté le roi de plusieurs coups d'état et autres complots fomentés contre lui dans les années 1960 et 1970.
Il ne semble pas que le Mossad soit encore très actif au Maroc aujourd'hui. Le pays ne joue plus un rôle important dans le conflit arabo-israélien. De plus, avec l'apparition de collaborateurs "rivaux" dans la partie orientale du monde arabe, les services secrets israéliens ont désormais l'embarras du choix pour ce qui est des partenaires et des stratégies.
Al-Akhbar
Pour consulter l'original : http://english.al-akhbar.com/content/mossad-maghreb-ii-historic-services-morocco
Traduction : Dominique Muselet
Les autorités marocaines n'ont pas fait de commentaire officiel sur ce sujet délicat et Azoulay n'a pas démenti l'accusation. Mais les autorités ont répondu indirectement en annulant une conférence que Cohen devait tenir sur le sujet de la coexistence des Juifs et des Musulmans au Maroc. Cela a été ressenti comme une volonté d'empêcher toute discussion autour des accusations de Cohen contre Azoulay et d'une façon plus générale, autour de son dernier livre : le printemps des Sayanim.
Pour Cohen les sayanim sont des Juifs de la Diaspora qui, pour des raisons "patriotiques" collaborent avec le Mossad et d'autres agences sionistes en leur fournissant l'aide dont ils ont besoins dans leur domaine de compétence. Le réseau a été créé dans les années 1950 et a été utilisé dans beaucoup d'opérations de services secrets ou à des fins de propagande, ainsi que pour inciter les Juifs à quitter leurs communautés de la Diaspora pour venir s'installer comme colons en Palestine.
L'infiltration par Israël de la cour royale marocaine n'avait pas comme seul propos de faire partir les Juifs du Maroc. Le Mossad voulait aussi influencer la politique d'Hassan II et empêcher tout rapprochement entre lui et l'Egypte de Gamal Abdul-Nasser. Récemment le président israélien Shimon Peres a organisé une réception en l'honneur de l'agent israélien qui avait organisé les premières immigrations de Juifs marocains en Israël. David Littman est arrivé au Maroc en prétendant être un clergyman anglais et il s'est installé à Casablanca. Il a mis au point une méthode pour transférer les Juifs marocains en Israël connue sous le nom d'Opération Mural, qui ciblait des enfants juifs marocains. Littman prétendait organiser des séjours de vacances d'été en Suisse pour les enfants pauvres, mais en fait il les envoyait en Israël.
Avant et après l'Opération Mural, l'aide que la monarchie marocaine a apporté au départ des Juifs marocains lui a rapporté beaucoup d'argent, surtout après que Hassan II ait pris le pouvoir en 1961. Il a personnellement supervisé les transactions.
L'auteure Française, Agnes Bensimon, décrit dans son livre "Hassan II et les Juifs" la manière dont le Mossad a initié les négociations avec Hassan II après la mort de Mohamed V. Le nouveau roi a exigé un demi-million de dollars pour faciliter le départ d'un premier contingent de 50 000 Juifs, et la même chose pour le contingent suivant. Cela a aussi été révélé par Simon Levy, un des Juifs marocains qui a résisté à la pression d'émigrer en Israël et qui est mort il y a deux ans après avoir été un dissident pendant le règne de Hassan II.
Les règlements pour le transfert des Juifs marocain ont été virés par Israël sur des comptes secrets en Suisse, au nom même du roi semblerait-il. Mais Ahmed Reda Kadira, l'ami du monarque qui a négocié les transactions pour le compte du roi et qui a plus tard été nommé conseiller, n'a pas été oublié. Les opérations lui ont permis de financer son quotidien, Les Phares, qui était de fait le porte-parole du palais et dont la spécialité était de dénoncer les critiques du roi.
La "Guerre des Sables" qui a éclaté entre le Maroc et l'Algérie en 1963 a fourni à Israël l'occasion qu'ils attendaient lorsque Abdul-Nasser s'est rallié à l'Algérie nouvellement libérée contre l'attaque marocaine de son territoire.
Les transactions de cette époque entre Rabat et Tel Aviv ont été conclues via Téhéran sous les auspices du Shah d'Iran. Mais la coopération militaire entre les deux pays a continué. On pense qu'Israël a joué un grand rôle dans la construction du grand mur de sécurité de 2 600 km à l'ouest du Sahara destiné à empêcher les attaques du Front Polisario qui se battait pour l'indépendance de son territoire depuis 1975.
Le conflit n'est toujours pas résolu en dépit du cessez-le-feu de 1999. Pendant les six années de guerre qui l'ont précédé, les combattants Polisario ont souvent pris des armes à l'armée marocaine fabriquées en Israël ou en Afrique du Sud du temps de l'apartheid.
La coopération militaire a souvent entraîné une coopération des services secrets, surtout après que le chef du Mossad Yitzhak Hofi ait organisé une rencontre secrète au Maroc en 1976 entre Hassan II et Yitzak Rabin, le premier ministre israélien. La collaboration du roi avec Israël qui s'en est suivie, a été largement documentée par des écrivains et des dissidents. Selon l'écrivain égyptien Muhammad Hassan ein Haikal dans son livre Kalam fis-Siyasa (à propos de politique), Hassan II a même autorisé le Mossad à installer des micros dans les lieux du Maroc où se réunissaient les sommets arabes. Le rôle le plus fameux qu'Hassan ait joué cependant, c'est quand il a aidé à l'accord de paix entre l'Egypte et Israël. Israël lui en a été infiniment reconnaissant: il a émis un timbre de commémoration en son honneur à sa mort en 1999.
En échange des services du roi du Maroc, Israël et le Mossad l'ont aidé contre ses opposants principalement. On a bien reconnu la main du Mossad dans l'enlèvement et l'assassinat du dissident marocain le plus célèbre, Mahdi Ben-Barka, qui a disparu à Paris en 1965. On pense aussi que les Israéliens ont alerté le roi de plusieurs coups d'état et autres complots fomentés contre lui dans les années 1960 et 1970.
Il ne semble pas que le Mossad soit encore très actif au Maroc aujourd'hui. Le pays ne joue plus un rôle important dans le conflit arabo-israélien. De plus, avec l'apparition de collaborateurs "rivaux" dans la partie orientale du monde arabe, les services secrets israéliens ont désormais l'embarras du choix pour ce qui est des partenaires et des stratégies.
Al-Akhbar
Pour consulter l'original : http://english.al-akhbar.com/content/mossad-maghreb-ii-historic-services-morocco
Traduction : Dominique Muselet
lundi 3 septembre 2012
jeudi 26 juillet 2012
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