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vendredi 7 février 2014

Un Pont sur le Détroit. Le nouveau roman de Jacob Cohen

UN PONT SUR LE DETROIT:

Tanger et ses légendes, nostalgique de son passé mythique. Ses lieux évocateurs dont notamment le café Hafa, lieu de rêves et de fantasmes littéraires. Et la nostalgie d’une histoire cosmopolite, avec une communauté juive dynamique et intégrée. Appelé pour rénover la synagogue Nahon, c’est là qu’atterrit Jaime Pinto. Architecte, né à Montréal, de parents juifs tangérois, qui avaient quitté la ville dans les années 70.

Pourquoi ce jeune parfaitement américanisé ressent-il soudain une continuité avec ses ancêtres locaux ? Comment arrive-t-il à se fondre dans cette société aux valeurs contrastées ? Qu’est-ce qui lui donne cette aisance avec les femmes du cru, a priori inaccessibles, et si déroutantes ?

Pour renouer avec sa réputation, Tanger se veut aussi une ville de dialogue israélo-arabe. L’ombre de André Azoulay et de ses acolytes sionistes plane sur la rénovation de la synagogue. Arriveront-ils à leurs fins encore une fois pour transformer cette rénovation en « colloque pour la paix » ? Et quelles sont les forces qui pourront les en empêcher ?

Les aventures de Jaime Pinto font ressortir quelques aspects problématiques de la société marocaine, sans néanmoins apporter d’éclaircissement réel et apaisant à la question existentielle qui la taraude : L’amputation tragique du Maroc de sa part juive.
ISBN: 9782332655059

mercredi 13 novembre 2013

Interview de Jacob Cohen à Algeriepatriotique

Jacob Cohen à Algeriepatriotique
«Une explosion de grande ampleur n’est pas à exclure au Maroc»

Jacob Cohen : «Le Maroc appartient de plus en plus au Palais royal et à ses affidés.» D. R.

Jacob Cohen : «Le Maroc appartient de plus en plus au Palais royal et à ses affidés.» D. R.

Algeriepatriotique : Vous venez de répondre au conseiller du roi du Maroc, André Azoulay, dans un langage cru. Qu’est-ce qui vous a fait réagir avec autant de virulence ?
Jacob Cohen : L’affaire remonte à janvier 2012 lorsqu'un responsable d’une grande salle à Casablanca a annulé ma conférence en prétextant des travaux qui n’ont jamais eu lieu. J’avais alors diffusé un article intitulé : «Autocensure : la maladie infantile de la démocratie marocaine». J’ai expliqué ce boycott par le fait que je n’allais pas tenir le discours convenu de ceux qui prônent le dialogue, mais en réalité préparent le terrain à la légitimation d’Israël dans le monde arabe, et en particulier au Maroc. Je tenais alors André Azoulay pour le maître d’œuvre de cette politique qui affaiblit le monde arabe face à la pénétration sioniste. De mon point de vue, son rôle est extrêmement néfaste.

D’où l’inamovible et très écouté André Azoulay tient-il son influence sans limites ? Où n’est-ce qu’une vue de l’esprit ?
C’est un homme extrêmement puissant, travaillant dans l’ombre, disposant de réseaux influents en France et aux Etats-Unis. Il faut d’abord rappeler que c’était un dirigeant d’une grande banque française. Il est probable qu’il fasse partie du Bnai Brit, la franc-maçonnerie juive internationale, qui regroupe 500 000 membres à travers le monde et très bien représentée en Amérique. Il est presque chez lui à New York et doit certainement fréquenter le gratin de cette métropole économique et financière. Or, c’est là que sont attribués les prêts financiers, que sont conclus la plupart des grands accords bancaires, commerciaux et douaniers. Azoulay peut ouvrir toutes les portes pour un pays comme le Maroc.

Des éléments probants montrent qu’André Azoulay a contribué dans une large mesure à semer le doute sur la situation qui a prévalu en Algérie dans les années 1990, en faisant la promotion de la thèse du «qui tue qui» qui absolvait les terroristes de leurs actes criminels. Cet acharnement contre l’Algérie s’explique-t-il uniquement par la mésentente entre nos deux pays sur la question du Sahara Occidental ?
Les tensions entre le Maroc et l’Algérie remontent à 1963. Et ce qu’on a appelé «la guerre des sables». Un conflit armé tout de même entre deux pays «frères» nouvellement indépendants. L’affaire du Sahara Occidental n’est qu’une manifestation de ces tensions, plus liées à la question d’hégémonie régionale. En soutenant le Sahara Occidental, l’Algérie cherche à affaiblir son voisin et concurrent et à l’enfoncer dans une guerre sans fin. Je ne crois pas beaucoup au droit international. Les Etats ne  l’invoquent que lorsque cela les arrange. C’est valable pour tous les pays. Si les conflits se réglaient conformément au droit international, on s’adresserait plus souvent à la Cour internationale de justice. Or, elle est quasiment au chômage.

Pensez-vous que l’Algérie et le Maroc pourraient transcender leurs différends malgré la différence radicale entre les deux régimes ; l’un, marocain, monarchique et ultralibéral, l’autre, algérien, républicain et entretenant une sorte de socialisme déguisé ?
Le problème pour ces deux pays voisins est de trouver un modus vivendi d’équilibre régional et de respect mutuel. Ce qui ne semble pas le cas actuellement, bien que cette situation soit terriblement préjudiciable aux deux pays qui ont des économies complémentaires. Et qui le paient cher. Quand on pense à ce qu’ils auraient pu réaliser en commun pendant les 40 dernières années ! Pour utiliser une référence marxiste, je dirais que les différences entre les deux régimes représentent la superstructure, c’est-à-dire l’expression de contradictions et d’oppositions beaucoup plus structurelles, et qui y vont de leur survie. Le plus terrible, c’est cette dynamique de la défiance et de la haine qui s’est enracinée et qui pourrait compromettre un vrai rapprochement, malgré une bonne volonté des dirigeants. Je crois que ces derniers finissent par être prisonniers de leurs propres mythes.

L’opposant Abdelmoumène Diouri, avant de rentrer au Maroc après un long exil, a publié son fameux livre A qui appartient le Maroc ? Avez-vous une réponse à cette question ?
Le Maroc appartient de plus en plus – ce qui n’était pas le cas jusque dans les années 80 – au Palais royal et à ses affidés, avec la collaboration complice des grandes multinationales. On peut dire aujourd’hui qu’aucune activité économique d’importance n’échappe, au moins en grande partie, à l’emprise du roi. Et cela ne concerne pas seulement les secteurs modernes de l’économie. L’agriculture, secteur traditionnel par excellence, est devenue un enjeu capital pour l’enrichissement de la monarchie. Les meilleures terres, surtout celles qui étaient occupées par les colons français, sont devenues la chasse gardée du pouvoir et de ses obligés et représentent un secteur productif tourné vers l’exportation.

Les indicateurs économiques et financiers montrent que le Maroc traverse une crise sévère qui l’oblige à recourir à l’emprunt malgré une dette extérieure faramineuse, hypothéquant ainsi jusqu’à son indépendance. Quelles sont les raisons de cette crise ? Comment un Maroc surendetté pourrait-il en sortir ?
Les raisons de la crise résident dans le choix du développement choisi, c’est-à-dire favoriser une minorité privilégiée au détriment de la majorité et en y associant des groupes internationaux, intéressés par un bénéfice immédiat et rapatriable. Et on s’y enfonce en en devenant l’otage de leurs exigences. Tant que le Maroc poursuivra dans cette logique financière et marchande, on ne voit pas comment il peut se libérer de l’emprise internationale. Sans compter que les possédants nationaux n’ont qu’une hantise : faire échapper leur fortune au fisc par la corruption et l’évasion dans les paradis fiscaux.

Le Maroc est-il à l’abri d’une explosion sociale si la situation empirait davantage ?
Des explosions sociales, il y en a déjà eu. J’en ai vécu personnellement trois. En 1965, 1981 et 1984. Et il y en a toujours, mais qui restent localisées. Le peuple n’en peut plus devant les inégalités criantes, la corruption et les injustices. Mais ces explosions sont toujours matées dans le sang. En 65, on tirait à la mitraillette sur les manifestants des hélicoptères. Une explosion d’une grande ampleur n’est pas à exclure, mais le régime n’hésitera devant aucune extrémité pour la mater, car il aura le soutien total de l’Occident et du monde arabe qui n’ont pas envie de voir tomber un de leurs bastions. Regardez la révolution à Bahreïn, comme elle est noyée dans le sang dans l’indifférence des médias et le silence des chancelleries.

Comment expliquez-vous la main tendue par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) au Maroc, pourtant moins riche et géographiquement éloigné ?
Solidarité de monarchies, de régimes, de pays ayant la même vision de leurs intérêts, totalement dépendants de l’Amérique et incapables d’avoir une vision propre, collaborant plus ou moins ouvertement avec l’Etat sioniste. Les monarchies du Golfe se sont toujours «inquiétées» du sort du Maroc, notamment lorsque des régimes révolutionnaires arabes voulaient abattre cette monarchie «rétrograde et réactionnaire». Une des principales raisons qui font que le régime marocain tient malgré tout et arrive à s’en sortir, c’est l’aide généreuse du Golfe. Le roi s’y rend régulièrement pour parfois «boucler les fins de mois».

Le sionisme domine le monde à travers les deux leviers superpuissants que sont les finances et les médias, compensant ainsi son infériorité numérique. Jusqu’à quand cette omnipotence pourra-t-elle durer, selon vous ?
Cette omnipotence durera tant que dureront la puissance et l’utilité d’Israël. En fait, tout se tient, tout le système est lié. Les deux côtés s’aident et se renforcent mutuellement. Malgré tout, un changement est en train de s’opérer au niveau des médias. L’omnipotence sioniste est battue en brèche. Le discours antisioniste passe de plus en plus. Les critiques d’Israël sont devenues quotidiennes.

Comment le sionisme arrive-t-il à phagocyter les institutions politiques des puissances occidentales ?
Le sionisme a inventé un réseau unique dans l’Histoire. Il s’appuie sur une espèce de cinquième colonne composée de dizaines de milliers de juifs qui habitent hors d’Israël. Ces juifs sionistes acceptent de collaborer avec le Mossad depuis les années 50. On les appelle des sayanim (informateurs, ceux qui aident, en hébreu). J’ai décrit leur action en France dans mon livre Le Printemps des Sayanim (éd. L’Harmattan). Ces sayanim occupent des postes importants dans tous les secteurs d’activité : les universités, les institutions financières et gouvernementales, le cinéma, la musique, la publicité, et surtout dans les médias. Ils contrôlent et façonnent l’information. Imaginez 5 000 sayanim à Hollywood contrôlant l’industrie du cinéma et de la télévision. Imaginez 5 000 sayanim à New York contrôlant la finance. Et 5 000 à Washington contrôlant le Congrès. Et il y en a des milliers en Angleterre, en Allemagne, etc. André Azoulay, pour moi, en est certainement un. Et vous comprendrez comment cette puissance occulte soutient la cause sioniste.

Le sionisme pourrait-il être vaincu ? Comment ?
Le sionisme est un colosse aux pieds d’argile. Parce qu’il est en train de perdre sa légitimité dans le monde entier. Malgré l’activisme des sayanim, Israël n’a plus la côte. Quand on a connu les années 60 et 70, on voit tout le chemin parcouru. La victoire serait à portée si le peuple palestinien n’était pas dirigé par une bande de collabos, prêts à «négocier» avec l’occupant pour quelques privilèges illusoires, avec la bienveillance de l’Occident et des dirigeants arabes. Si l’Autorité palestinienne acceptait de se dissoudre et de laisser Israël redevenir un vrai occupant, au vu et au su de tous, les sionistes ne tiendraient pas deux ou trois ans. Le monde entier ne pourra faire autrement que de les boycotter, exacerbant les tensions internes qui minent la société israélienne.

Vous êtes établi en France où toute critique contre Israël est assimilée à de l’antisémitisme. Comment vivez-vous cette situation ?
C’est une situation excessivement pénible. Par exemple, j’ai été agressé à 2 reprises par la Ligue de défense juive, un groupe sioniste extrémiste. Il n’y a eu ni enquête ni procès. La première agression a été classée sans suite. Alors que des insultes antijuives entraînent souvent des peines de prison ferme. On doit se battre contre tout cela aussi.

Beaucoup d’observateurs notent une jonction entre l’extrémisme religieux incarné par la mouvance salafiste et le sionisme. Quel est votre avis ?
Il peut y avoir convergence d’intérêts dans certaines situations particulières, comme le sionisme peut aussi bien s’entendre avec des dictateurs laïques ou des monarchies modérées. Il ne faut pas en tirer des généralités. Le sionisme cherchera toujours des alliances conjoncturelles, surtout si elles divisent le camp arabe. Diviser pour régner.

Le «printemps arabe» est-il un mouvement spontané des peuples dans les pays qui l’ont vécu ou est-ce la conséquence d’un plan de déstabilisation ourdi «ailleurs» et dont la mise en œuvre a été facilitée par le ras-le-bol des populations arabes ?
Je suis convaincu que le «printemps arabe» a été un mouvement spontané. Les pays occidentaux sont tout, sauf fous. Quel intérêt de déstabiliser les régimes tunisien et égyptien, alliés fidèles de l’Amérique et très compréhensifs à l’égard d’Israël ? Cette vieille «stabilité» était louée de partout et l’Occident fermait les yeux sur le reste. Mais une fois que l’Occident a compris que c’était fichu, il s’est arrangé pour suivre le mouvement et en contrôler l’évolution. En ce sens, tout semble rentrer dans l’ordre, l’ordre d’avant bien entendu. Trop d’intérêts sont en jeu. On ne laissera jamais un pays arabe choisir la voie qui lui convient. C’est ça l’impérialisme. Et il a de solides arguments et des alliés arabes qui obéissent au doigt et à l’œil.

Entretien réalisé par M. Aït Amara et Mohamed El-Ghazi

dimanche 27 octobre 2013

ALI ANOUZLA ou la victoire du Makhzen


Après les satisfecit d’usage – qui n’éprouverait pas un soulagement extraordinaire de voir un homme intègre, un journaliste engagé, un novateur médiatique, sortir des geôles infâmes d’un régime autoritairement ubuesque ? – vient le temps des questions.

Il serait indécent de critiquer l’homme pour avoir éventuellement cherché un arrangement avec ses persécuteurs. La prison, et en particulier celle où il a été enfermé, doit être une expérience terrifiante surtout lorsqu’on se sait innocent. Et nul doute que ses geôliers ont dû recevoir des instructions pour la lui faire goûter. Et rien que la perspective d’y passer plusieurs années aurait donné des cauchemars à plus d’un.

Ayant fait un geste magnanime – comme seule la monarchie alaouite en a le secret – en libérant le journaliste, le Makhzen a atteint ses objectifs.

Il n’est pas inopportun d’apparaître comme l’autorité suprême qui, en dernier recours, et suite aux sollicitations venant de toutes parts, fait un geste d’apaisement alors qu’il en a été l’instigateur. Il y a là un renversement de situation qui frise le machiavélisme. L’autocrate se mue en bon père du peuple au-dessus de tous. Applaudissez bonnes gens ! On lui donnerait presque la médaille du juste. Faisons confiance aux médias serviles (un quasi-pléonasme au Maroc) pour nous servir cette belle fable.

L’autre objectif atteint par le Makhzen, qui n’a eu de cesse depuis 1956 de concentrer entre ses mains la réalité du pouvoir, de tous les pouvoirs, est de contrôler toute forme d’opposition, par tous les moyens. Seules les méthodes se sont « adoucies » vu le contexte international. Avec l’arrestation et la mise en examen de Ali Anouzla, il a réussi à museler l’un des rares sites d’informations qui se croyait en état de droit véritable et non en démocratie illusoire et dévoyée.
Qu’adviendra-t-il de ce site ? Il se sait sous surveillance et ses journalistes sont à la merci d’une convocation de justice initiée par le Palais. Drôle d’ambiance pour faire son métier d’informer.

Le dernier objectif recherché par le Makhzen est de caractère dissuasif. Terroriser à l’avance tous ceux qui auraient la prétention de critiquer le régime et ses dérives autoritaires. Avis aux « têtes brûlées » du 20 février et autres groupuscules contestataires. Seule une « opposition » médiatique soft, respectueuse, limitée, encadrée, sera tolérée. Et encore ! Une petite saisie de temps en temps, ou une amende, rappellent à bon escient qui est le Maître. C’est la politique de la carotte et du bâton dont Hassan 2 avait déjà montré toutes les subtilités, nous laissant une classe politique dans l’ensemble servile, timorée, corrompue, avec comme seul idéal de se faire sa place au soleil à n’importe quel prix.

Au-delà du destin personnel de Ali Anouzla, pour qui j’ai un profond respect et à qui je souhaite un avenir digne de ses qualités, les perspectives d’une démocratie réelle au Maroc paraissent bien dérisoires. La faute aussi et surtout à une élite, prise au sens large, qui a sombré dans le conformisme et la lâcheté.

Jacob Cohen
27 octobre 2013



vendredi 18 octobre 2013

ALI ANOUZLA, ou le règne d'Ubu Roi


L'autocratie marocaine n'a jamais abandonné ses vieux démons et sa propension à tout contrôler, tout dominer, par l'arbitraire et l'humiliation. D'ailleurs elle ne doit son pouvoir absolu post-colonisation qu'à l'aide militaire des occupants français et espagnols qui ont écrasé les forces démocratiques qui auraient pu lui porter ombrage. En en payant un prix élevé : Abandon d'une partie du territoire national, soumission à l'impérialisme économique et financier, collaboration avec le sionisme. Ainsi ce régime peut se perpétuer avec la bénédiction de ses parrains étrangers. Ne se maintenant que grâce à la corruption et à l'injustice. Et la soumission de tous les partis politiques institutionnels, plus intéressés par les prébendes que par l'intérêt du peuple. Et une élite moderniste séduite par les sirènes d’un progrès illusoire et strictement encadré.

On a beaucoup glosé sur cette monarchie capable de se transcender et de se mettre au diapason des aspirations démocratiques universelles. Comme si le jeune âge et les virées sportives étaient synonymes de modernité démocratique. Chassez le naturel, il revient au triple galop. On a affaire à une monarchie de droit divin devant laquelle tout droit ou toute liberté doivent s’incliner. On comprend alors pourquoi la « lettre de cachet » emprisonnant Ali Anouzla a été acceptée avec servilité par la classe politique.

Les médias n'ont obtenu qu'une liberté de façade. Une liberté surveillée, muselée, avec une petite carotte et surtout un gros bâton. Des titres ont disparu. Des journalistes ont connu la prison. La peur et l'autocensure fonctionnent déjà comme armes dissuasives. Les médias savent ce que les recettes publicitaires leur rapportent et la main qui pourrait leur fermer ce robinet financier devenu indispensable.

L’existence d’un média sur internet, libre et indépendant, dirigé par des hommes intègres et courageux, même s’il ne représentait qu’une goutte face à la vague monstrueuse du pouvoir et de ses obligés, devenait intolérable. Comme un petit caillou dans les mocassins des dirigeants repus. Non pas tant par le contenu des informations et des éditoriaux que par l’exemple qu’il imposait et l’espoir qu’il suscitait, et la mauvaise conscience qu’il donnait aux médias serviles ou qui font semblant de faire leur métier.
Que vive LAKOME !
Que vivent ses journalistes !
Et que la graine qu’il a semée porte ses fruits !

Jacob Cohen. Paris. 18 octobre 2013.

lundi 15 juillet 2013

Jacob Cohen VOUS OFFRE SON NOUVEAU ROMAN:


Jacob Cohen VOUS OFFRE SON NOUVEAU ROMAN:
UN PONT SUR LE DETROIT
"Jaime Pinto est architecte, né à Montréal de parents juifs tangérois ayant quitté leur ville dans les années 70. Il existe à Tanger une très belle synagogue construite vers 1860. Jaime Pinto viendra à Tanger pour la rénover. Une espèce de retour aux sources."

jeudi 4 juillet 2013

COUP D’ÉTAT EN EGYPTE. REGARD SUR LE MONDE ARABE.


 Ce qui s’est passé en Egypte est d’abord un coup d’État, c’est-à-dire un renversement par la force des institutions démocratiques, suivi par l’arrestation arbitraire des principaux responsables, légitimement élus.

 On peut bien sûr épiloguer sur la dérive « islamiste » du pouvoir et de la nécessité d’y mettre un terme. Au nom de certaines valeurs tout à fait honorables et qui définissent une société démocratique et évoluée. Ces valeurs que l’Occident souffle aux oreilles des Arabes qui se disent et se veulent progressistes. Pourquoi pas ? Sauf que :
 Depuis 2 siècles, l’Occident n’a eu de cesse d’occuper, d’exploiter et d’humilier
la Nation arabe. De créer des États artificiels comme le Koweït ou la Transjordanie pour s’accaparer de richesses ou placer un roitelet servile. Et une fois les « indépendances » octroyées, de soutenir des régimes dictatoriaux et corrompus pour garder la haute main sur tous les pays de la région.

 Enfin l’Occident a créé, développé et armé Israël pour servir de chien de garde et briser toute tentative d’émancipation et de développement autonome de tout pays arabe. Rappelez-vous comment l’Egypte de Gamal Abdel Nasser a été humiliée, écrasée et défaite, parce que le Raïs avait osé nationaliser le Canal de Suez et appeler à l’unité et à la résistance. L’Egypte actuelle est réduite à demander l’aumône de l’Amérique et des monarchies du Golfe, et à respecter les injonctions du régime sioniste. Moubarak a été un superbe toutou pendant 30 ans. Mais « respecté » par les dirigeants du monde. Que de fois Israël lui a décerné un certificat de bonne conduite ! Ah, quelle perte !

 Ces « valeurs » dont se gausse l’Occident, elles ne sont pas pour les bougnoules. Malgré les gesticulations pathétiques de beaucoup d’Arabes. Le Maroc, comme d’autres pays, disposait après l’indépendance d’une classe politique et intellectuelle désireuse de mener la société vers la justice, l’alphabétisation, le parlementarisme, le combat anti-colonial, etc. Mais Hassan II, avec la bénédiction de la France et de l’Amérique, a détruit toutes les forces progressistes et élevé la corruption au rang de valeur absolue. Sa fortune est bien gardée dans les coffres occidentales. Et le pays est devenu une chasse gardée du Mossad. On pourrait dresser le même constat pour les autres pays. Mais que l’un d’entre eux osât briser le joug impérial, et la vengeance s’abat sur lui avec une terreur telle que la leçon a bien été retenue. Avec la complicité et la honte des États « frères ». Je veux bien sûr parler de l’Irak. C’était pourtant un État laïc où la femme était libérée. Quelle parodie ! L’Occident se fiche éperdument de la femme arabe. Comment cette entourloupe échappe-t-elle encore aux esprits éclairés ? Prenez la situation de la femme en Arabie Saoudite. Vous faut-il un dessin ? Pourtant, nos médias et nos politiques sont d’une discrétion touchante. Parce que c’est un pays aux ordres. L’Occident adore l’Arabie Saoudite. Sa stabilité. C’est-à-dire l’immobilisme d’une monarchie ventrue, pourrie jusqu'à la moelle, veule, insipide, machiste, collaborant même avec les sionistes, envoyant ses tanks mater la révolution au Yémen et à Bahreïn. Tenez ! Où sont ces voix qui hurlent à la démocratie ? Les Saoudiens qui tranchent les têtes au sabre en place publique. Les mêmes Saoudiens, hypocrites et menteurs, qui avaient transformé Casablanca dans les années 80 en lupanar pour consommer l’alcool, les putes et double prime pour les vierges nubiles. Les autorités locales avaient la reconnaissance du ventre, en leur offrant un terrain de 3 hectares sur la Corniche, où ils ont construit un palais pour leurs orgies et une.. Mosquée.

 Pour une fois, une fois en 60 ans, qu’un pays arabe sur 22 avait élu ses dirigeants de façon démocratique, et c’en est déjà trop au bout d’une année. On fait appel aux militaires pour rétablir la démocratie, et on glorifie leur action. Des militaires dont la fine fleur est formée (formatée) dans les académies US, qui ont régné sans partage pendant 40 ans, fait main basse sur l’économie égyptienne, amassée des fortunes planquées dans les paradis fiscaux, signé une paix séparée avec l’ennemi sioniste et lui livrant la Palestine, se soumettant aux instructions d’Israël pour briser la résistance des Gazaouis, acceptant l’aide américaine (le 1/3 que reçoit Israël pour une population 10 fois supérieure) qui met le pays à la merci du bon vouloir et du chantage occidental.

 C’est vrai, où en avais-je la tête ? Il y avait paraît-il une islamisation rampante. Quelle horreur ! On n’aurait pas pu attendre les prochaines élections ? La volonté du peuple exprimée démocratiquement ne signifie plus rien ? Personnellement je n’ai aucune inclination particulière pour les sociétés religieuses. Mais le recours à la religion aujourd’hui a ses raisons. L’Occident ressort l’argument de l’islamisation lorsque cela lui convient et de la manière qui l’arrange. Ce qui le dérange, l’Occident, ce n’est pas tant l’islamisme que sa prétention à retrouver la dignité d’antan, à rejeter l’emprise impériale et la mainmise sioniste sur le destin de la Nation arabe. Cet islamisme-là, il faut l’éradiquer. Il fait peur. Il donne de mauvaises idées. Au Maroc par exemple, il y a les « bons » islamistes comme ceux du PJD qui acceptent la suprématie royale et le pillage de l’économie en partageant le gâteau, et les « mauvais » islamistes de Al-Adl wa Ihsane, que l’on combat avec les méthodes de Hassan II : disparitions, tortures, condamnations expresses, parce qu’ils font de l’alphabétisation et créent des ateliers de couture et d’informatique. Suppléant les carences de l’État.

 J’aimerais en conclusion que les peuples arabes se libèrent, à leur manière et sans ingérence extérieure, de l’emprise impérialo-sioniste, et se développent dans la liberté et la dignité.

Jacob Cohen

mardi 23 octobre 2012

TEMOIGNAGE EMOUVANT ET INSTRUCTIF RECU DE MONTREAL


TEMOIGNAGE EMOUVANT ET INSTRUCTIF RECU DE MONTREAL par mail.

Lettre a grand HOMME
Cher Mr. Cohen,
Je suis Marocain, j'ai 28 ans j'ai grandi a Kenitra et j'habite maintenant a Montréal et ça fait plus d'une année que je suis votre blog.
Je vous écris pour vous manifester ma sincère admiration pour votre courage et votre parole libre. Vos vidéos m'ont permis de comprendre l'immigration massive des

marocains de confession juive que ça soit en Israel ou ailleurs (d'ailleur même les musulmans essaient de trouver n'importe quel moyen pour sortir du pays non par manque d'amour pour la patrie mais plus pour des raisons sociaux-économiques).
J'ai posé des questions a mes parents et a mes grand parents (qui vivent a Rabat) pour essayer de connaître ce passé ou il y avait une forte communauté juive encore au Maroc, j'ai eu deux histoires:
Ma grand-mère maternelle m'a raconté qu'un jours un inconnu avec un enfant marchait dans le quartier avec un enfant dans la main, il a frappé a la porte de ma grand mère proposant de lui vendre le jeune enfant, ma grand mère a récupèré cet enfant. Elle a attendu que mon grand-père rentre le soir à la maison puis ils ont amené cet enfant au commissariat du quartier. En arrivant au commissariat, une grand foule entourait le commissariat réclamant des autorités des actions pour trouver un enfant perdu celui la même quand ma grand-mère a récupéré. La famille juive était heureuse de récupérer l'enfant kidnappé, s'en suit une invitation a la Skhina pour ma grand-mère :)


Et donc, quand j'ai entendu parler de votre livre DU DANGER DE MONTER SUR LA TERRASSE je ne me suis pas dit que c'est des exagérations.



A son tours mon père qui a grandi dans le melah de Rabat, m'a raconté que lorsqu'il était jeune, l'école juive qui était à côte de son école distribuait aux enfants musulmans des sandwichs a midi malgré que ceux-ci n'étaient pas tout le temps gentils avec les petit juifs.

J'en ai conclu que c'était pas le paradis tel qu'on essayait de nous le vendre mais c'est pas quand même Allemagne Nazi ni le pogrom. Je n'ai jamais senti une haine du juive dans le Maroc contemporain mais plus une haine du sionisme. Ainsi vos vidéos mon permis de construire une vision plus nuancée de ce passé que presque personne n'évoque avec objectivité.
J'ai beaucoup aimeé vos vidéos sur le comportement des Fasis vis-a-vis des juifs c'était très instructif. Il y a aussi l'histoire du club de lecture de Casablanca et le silence lâche de l'audience, ça m'a beaucoup touché et je me suis posé la question: qu'est ce que j'aurai fais si jetais présent ? une autre histoire qui m' a beaucoup toucheé c'est celle de Abraham Serfati et miniane pour le Kadish de son père.
Je ne peux qu'imaginer les pressions que vous subissez dieu vous recompensera de votre courage et votre honnêteté car vois en vous un homme qui porte haut une des valeurs que j'aime le plus de l'islam et qui malheureusement n'est pas pratiqué par la majorité des musulmans: Dire la vérité même si cela n'est pas dans ton intérêt ou celui de ta famille ou communauté.
J'aimerais tellement vous rencontrer si vous passez par Montreal faites moi signe et si par malheur :) je dois passer en France je ferais mon possible pour entrer en contact avec vous. Rares sont les hommes qu'on peux admirer de nos jours et pour moi vous en faites partie.
Pour vous soutenir je vais commander cette semaine sur amazon tous vos livres disponibles en espérant qu'un jours je me les ferais autographier par vous :)
Je prie pour que dieu vous protège et vous donne une longue vie.


Un compatriote fier de vous.

mardi 4 septembre 2012

Le Mossad au Maghreb : Les services historiques que lui a rendus le Maroc

Casablanca - Il y a quelque temps, Jacob Cohen, un écrivain juif, français-marocain, connu pour ses écrits anti-sionistes a posté un article sur son blog qui a causé beaucoup d'émotion au Maroc. Il a révélé qu'Andre Azoulay, un conseiller royal de l'ancien roi Hassan II puis de son fils Mohamed VI, était aussi un espion israélien. L'article expliquait qu'Azoulay qui avait 71 ans et venait de la ville septentrionale de Essaouira, faisait partie de l'organisation des sayanim du Mossad, un réseau mondial d'opérationnels juifs non israéliens.

Les autorités marocaines n'ont pas fait de commentaire officiel sur ce sujet délicat et Azoulay n'a pas démenti l'accusation. Mais les autorités ont répondu indirectement en annulant une conférence que Cohen devait tenir sur le sujet de la coexistence des Juifs et des Musulmans au Maroc. Cela a été ressenti comme une volonté d'empêcher toute discussion autour des accusations de Cohen contre Azoulay et d'une façon plus générale, autour de son dernier livre : le printemps des Sayanim.

Pour Cohen les sayanim sont des Juifs de la Diaspora qui, pour des raisons "patriotiques" collaborent avec le Mossad et d'autres agences sionistes en leur fournissant l'aide dont ils ont besoins dans leur domaine de compétence. Le réseau a été créé dans les années 1950 et a été utilisé dans beaucoup d'opérations de services secrets ou à des fins de propagande, ainsi que pour inciter les Juifs à quitter leurs communautés de la Diaspora pour venir s'installer comme colons en Palestine.

L'infiltration par Israël de la cour royale marocaine n'avait pas comme seul propos de faire partir les Juifs du Maroc. Le Mossad voulait aussi influencer la politique d'Hassan II et empêcher tout rapprochement entre lui et l'Egypte de Gamal Abdul-Nasser. Récemment le président israélien Shimon Peres a organisé une réception en l'honneur de l'agent israélien qui avait organisé les premières immigrations de Juifs marocains en Israël. David Littman est arrivé au Maroc en prétendant être un clergyman anglais et il s'est installé à Casablanca. Il a mis au point une méthode pour transférer les Juifs marocains en Israël connue sous le nom d'Opération Mural, qui ciblait des enfants juifs marocains. Littman prétendait organiser des séjours de vacances d'été en Suisse pour les enfants pauvres, mais en fait il les envoyait en Israël.

Avant et après l'Opération Mural, l'aide que la monarchie marocaine a apporté au départ des Juifs marocains lui a rapporté beaucoup d'argent, surtout après que Hassan II ait pris le pouvoir en 1961. Il a personnellement supervisé les transactions.

L'auteure Française, Agnes Bensimon, décrit dans son livre "Hassan II et les Juifs" la manière dont le Mossad a initié les négociations avec Hassan II après la mort de Mohamed V. Le nouveau roi a exigé un demi-million de dollars pour faciliter le départ d'un premier contingent de 50 000 Juifs, et la même chose pour le contingent suivant. Cela a aussi été révélé par Simon Levy, un des Juifs marocains qui a résisté à la pression d'émigrer en Israël et qui est mort il y a deux ans après avoir été un dissident pendant le règne de Hassan II.

Les règlements pour le transfert des Juifs marocain ont été virés par Israël sur des comptes secrets en Suisse, au nom même du roi semblerait-il. Mais Ahmed Reda Kadira, l'ami du monarque qui a négocié les transactions pour le compte du roi et qui a plus tard été nommé conseiller, n'a pas été oublié. Les opérations lui ont permis de financer son quotidien, Les Phares, qui était de fait le porte-parole du palais et dont la spécialité était de dénoncer les critiques du roi.

La "Guerre des Sables" qui a éclaté entre le Maroc et l'Algérie en 1963 a fourni à Israël l'occasion qu'ils attendaient lorsque Abdul-Nasser s'est rallié à l'Algérie nouvellement libérée contre l'attaque marocaine de son territoire.

Les transactions de cette époque entre Rabat et Tel Aviv ont été conclues via Téhéran sous les auspices du Shah d'Iran. Mais la coopération militaire entre les deux pays a continué. On pense qu'Israël a joué un grand rôle dans la construction du grand mur de sécurité de 2 600 km à l'ouest du Sahara destiné à empêcher les attaques du Front Polisario qui se battait pour l'indépendance de son territoire depuis 1975.

Le conflit n'est toujours pas résolu en dépit du cessez-le-feu de 1999. Pendant les six années de guerre qui l'ont précédé, les combattants Polisario ont souvent pris des armes à l'armée marocaine fabriquées en Israël ou en Afrique du Sud du temps de l'apartheid.

La coopération militaire a souvent entraîné une coopération des services secrets, surtout après que le chef du Mossad Yitzhak Hofi ait organisé une rencontre secrète au Maroc en 1976 entre Hassan II et Yitzak Rabin, le premier ministre israélien. La collaboration du roi avec Israël qui s'en est suivie, a été largement documentée par des écrivains et des dissidents. Selon l'écrivain égyptien Muhammad Hassan ein Haikal dans son livre Kalam fis-Siyasa (à propos de politique), Hassan II a même autorisé le Mossad à installer des micros dans les lieux du Maroc où se réunissaient les sommets arabes. Le rôle le plus fameux qu'Hassan ait joué cependant, c'est quand il a aidé à l'accord de paix entre l'Egypte et Israël. Israël lui en a été infiniment reconnaissant: il a émis un timbre de commémoration en son honneur à sa mort en 1999.

En échange des services du roi du Maroc, Israël et le Mossad l'ont aidé contre ses opposants principalement. On a bien reconnu la main du Mossad dans l'enlèvement et l'assassinat du dissident marocain le plus célèbre, Mahdi Ben-Barka, qui a disparu à Paris en 1965. On pense aussi que les Israéliens ont alerté le roi de plusieurs coups d'état et autres complots fomentés contre lui dans les années 1960 et 1970.

Il ne semble pas que le Mossad soit encore très actif au Maroc aujourd'hui. Le pays ne joue plus un rôle important dans le conflit arabo-israélien. De plus, avec l'apparition de collaborateurs "rivaux" dans la partie orientale du monde arabe, les services secrets israéliens ont désormais l'embarras du choix pour ce qui est des partenaires et des stratégies.

Al-Akhbar
Pour consulter l'original : http://english.al-akhbar.com/content/mossad-maghreb-ii-historic-services-morocco

Traduction : Dominique Muselet