lundi 18 mars 2019

MON ANTISIONISME


MON ANTISIONISME
C’est la question qui secoue le landernau politique en France pour éviter de se poser la vraie question sur Israël ou l’État juif comme il aime à se définir de plus en plus de manière restrictive.
On a beaucoup glosé sur l’assimilation entre antisionisme et antisémitisme. On reconnaît là le génie maléfique de l’entreprise sioniste qui avait déjà réussi quelques renversements historiques spectaculaires. Faire passer la Palestine pour une « terre sans peuple ». Mener des guerres de conquêtes en se faisant passer pour une victime potentielle. Élargir son espace vital pour assurer sa sécurité. Détenir des centaines d’ogives nucléaires et accuser tout adversaire potentiel de vouloir commettre un nouvel holocauste.
Et voilà que les prestidigitateurs sionistes sortent de leur chapeau l’équation magique, inédite, ahurissante, fantasmagorique, de l’antisionisme = antisémitisme. Sans la terreur idéologique qu’exercent les lobbies juifs en Europe – le moindre éternuement du CRIF fait trembler les fondements de la République et lorsque Netanyahou fronce les sourcils l’Allemagne rampe et se couche – et le quasi-contrôle des institutions politiques américaines, cette équation aurait tout au plus suscité un rejet poli voire quelques sarcasmes sur cette prétention qui insulte l’intelligence.
Faut-il rappeler les nombreuses opposions juives contre l’entreprise sioniste et l’indifférence qu’elle a suscitée parmi les communautés de la diaspora bien installées ? Sans compter les oppositions rabbiniques constantes. Au Maroc, les rabbins nous mettaient en garde contre ces renégats (les agents sionistes envoyés sur place pour susciter des vocations) qui se prétendaient juifs. Israël a arnaqué les juifs des pays arabes, les prétendus juifs éthiopiens, les faux juifs soviétiques, pour la chair à canon, le lumpenproletariat et le remplissage des villes de développement.
Admettons qu’on oublie le crime originel du sionisme et qu’on admette que le peuple juif aurait droit à une parcelle pour s’y réfugier et trouver la paix. Mais on est loin du compte. Le sionisme révèle de jour en jour sa vraie nature : un projet expansionniste, militariste, raciste, messianique. C’est une Sparte qui doit vivre sur le pied de guerre. Les tensions internes sont telles que sans un ennemi extérieur il y aurait des guerres civiles. Une situation de paix comme on la connaît en Europe amènerait à une coexistence entre juifs et arabes israéliens, véritable cauchemar des identitaires sionistes. Sait-on qu’Israël est le seul pays au monde à avoir 2 systèmes d’éducation, de la crèche jusqu’au bac, totalement séparés et hermétiques, juif et arabe ? Dès leur création, les kibboutzim, fleurons de l’athéisme et du communisme, n’acceptaient pas les membres arabes.
Une question que nos analystes, les nouveaux dhimmis du Lobby qui n’existe pas, refusent d’affronter : Pourquoi Israël refuse une conférence internationale, où il n’aurait que des alliés ou des amis bienveillants, et qui prendrait en compte ses exigences territoriales et ses conditions de paix ? Et on trouverait une solution juste pour tous les peuples de la région. Parce que le sionisme, de par sa nature et tel qu’il a évolué, est fondamentalement un facteur de guerre. Il n’a pas fini d’élargir son « espace vital » au-delà du Jourdain. Avec l’équation qu’on veut nous vendre, de telles affirmations seraient considérées comme « antisémites ».
Que diraient les historiens dans 50 ans ? Comment de grands pays européens qui imposent des sanctions contre la Russie tremblent devant ce petit État voyou qui les nargue et les humilie ? Vous rappelez-vous cette scène de diplomates français malmenés par Tsahal ? Les diplomates européens font dans leur froc lorsqu’ils s’adressent aux Israéliens. Combiens d’installations financées par l’Union européenne en Cisjordanie pour alléger la souffrance des Palestiniens sont détruites par l’occupant sioniste au vu et au su des observateurs? Le plus comique, c’est que cette UE demande gentiment, humblement, faiblement, leur remboursement et se fait rabrouer comme un caniche dans un jeu de quilles.
Mon antisionisme ? Aider à mettre un terme à cette aventure qui a montré sa dangerosité et l’inaptitude à se réformer, et dont les conséquences toucheront aussi bien les juifs du monde entier. Mais avec ses tueurs du Mossad en embuscade, ses dizaines de milliers de « sayanim », son potentiel militaire et informatique et ses sous-marins nucléaires qui se baladent un peu partout, l’aventure sioniste n’est pas près d’être stoppée. Je dis parfois que Netanyahou est un modéré, et les gens se marrent, mais attendez de voir ceux qui viendront après lui.

Jacob Cohen
Ecrivain franco-marocain
19 mars 2019



mercredi 15 août 2018

Islamophobie dans la république judéo-sioniste

Les islamophobes, les laïcards, les identitaires, les judéo-sionistes et les fachos de tous poils appellent quasiment au boycott de GAP à cause de cette pub aux Etats-Unis appelée "back to school". Vous imaginez l'horreur! Une petite fille porte un voile. On lui aurait pardonné si elle avait changé de sexe, tatoué son corps, transpercé son visage d'épingles, rasé la tête, etc. Notre "république" du CRIF a un sérieux problème avec l'islam et les musulmans.

mercredi 25 juillet 2018

PROLOGUE: D'UN HOLOCAUSTE L'AUTRE


Prologue

   « Monsieur le président du CRIF, membres du gouvernement, représentants élus, dignitaires religieux, Mesdames et Messieurs, c’est un honneur et un privilège de m’adresser à vous au nom de la France. À la veille d’une échéance électorale décisive dans notre vie démocratique, je réalise à quel point ces notions ne recouvrent pas un formalisme convenu, puisque la volonté du peuple français pourrait m’en priver dans un an. Et cette perspective, je l’avoue, m’attristerait profondément. Moins la perte de la fonction suprême dont la durée est limitée par la constitution que ces opportunités de représenter l’unité du pays, de réaffirmer les valeurs de la République, et de voir ainsi à l’œuvre comme ce soir la concrétisation de l’idéal républicain.
   « L’Histoire nous réserve souvent bien des surprises, dont la moindre n’est pas des retournements de situations sidérants, impossibles même à concevoir. Des retournements qui corrigent les errements passés et constituent une espèce de rédemption. Qui aurait pu imaginer, après les soubresauts tragiques étalés sur des siècles en matière de luttes politiques et religieuses, que la Communauté qui a le plus souffert de discriminations et d’agressions jusqu’au crime le plus abject de l’Histoire, que cette Communauté soit non seulement revenue dans le giron de la République, mais nous offre l’occasion de célébrer ces retrouvailles républicaines ?
   « Quelle leçon magistrale pour tous ceux qui n’ont pas abdiqué et qui croient inlassablement en nos valeurs et se battent au quotidien pour les faire appliquer encore et toujours !
   « Car il est vrai que ces valeurs ne sont jamais acquises une bonne fois pour toutes, même inscrites dans les textes les plus sacrés, même gravées dans le marbre des constitutions. Ce combat ne doit jamais cesser. La réunion de ce soir est comme un miracle qu’il faut défendre et renouveler, multiplier et diversifier, pour qu’il s’incruste et fasse partie intégrante, indélébile, inéluctable, indiscutable, pérenne, de notre patrimoine à tous.
   « On entend ici et là des remarques, dissimulant mal un ressentiment sournois, et non dépourvu d’arrière-pensées équivoques, sur les attentions excessives dont bénéficierait ladite Communauté. Des paroles prononcées par les plus hautes autorités de l’État ont pu laisser l’impression d’une considération particulière réservée à nos concitoyens de confession juive, et qui aurait porté atteinte au principe d’égalité. Il convient de rappeler, même si d’un point de vue purement comptable cela n’est pas erroné, que ces marques appuyées de sympathie et de soutien venaient généralement après des actions terroristes qui les visaient en tant que tels ; que notre devoir a été de leur fournir la meilleure protection possible et les rassurer sur la détermination de la République de les protéger par tous les moyens.
   « Il est vrai, et ceci n’est pas incompatible avec nos principes fondamentaux, que la République a un devoir particulier envers ses citoyens juifs. Sans reprendre un historique fastidieux et peu glorieux des exactions et des humiliations que notre pays leur a fait subir pendant des siècles, ce qui s’est passé pendant la seconde guerre mondiale en a constitué le summum, engageant même notre responsabilité morale, notre dette ne sera jamais entièrement payée.
   « Et pourtant, malgré toutes ces vicissitudes, les juifs n’ont jamais renoncé aux espoirs qu’ils mettaient dans la France, et à leur foi inébranlable dans son redressement moral. Ils avaient l’intime conviction que l’espérance et la lumière viendraient toujours à bout des périodes sombres.
   « Dans ce sens, ils nous ont donné et nous donnent encore des leçons de foi humaniste et patriotique que d’autres groupes feraient bien de méditer.
   « C’est la signification de notre présence massive à ce dîner annuel. Toutes les instances de la République y sont représentées et souvent à leur plus haut niveau.
   « Il faut que le message passe, et nous le martèlerons tant qu’il subsistera la moindre trace, la manifestation la plus anodine, ou ces soi-disant parodies humoristiques, de cette idéologie pernicieuse qui vise une seule communauté.

   « Je le dis sans ambages et de façon solennelle : La République traquera avec la plus extrême vigilance et punira avec la plus grande sévérité toute expression antisémite. Beaucoup a été fait dans ce sens. L’arsenal juridique se renforce. L’Éducation nationale y veille en formant les jeunes esprits. Les médias contribuent au mieux. La justice condamne sans désemparer. L’hydre malfaisante semble pourtant renaître de façon sournoise en se dissimulant derrière des opinions politiques ou en profitant du cadre libéral et anonyme des réseaux sociaux. Les organisations juives nous ont fait part de leurs inquiétudes, inquiétudes tout à fait légitimes, et que nous considérons avec le plus grand sérieux. Des démarches sont entreprises pour qu’aucune expression à caractère antisémite ne demeure impunie. La République mettra tout en œuvre pour extirper à jamais ce mal insidieux qui déshonore notre civilisation. J’en prends ici le ferme engagement.
   « Cela passe également par un travail constant sur la Préservation de la Mémoire. Tout doit être fait pour qu’on n’oublie jamais. J’ai d’ailleurs créé un secrétariat d’État à cette fin, et je suis heureux que son premier titulaire soit une femme d’origine maghrébine. Quel merveilleux symbole ! Madame Badia El Ghomri, qu’on peut applaudir, fait un travail remarquable, malgré sa jeunesse et son inexpérience. Je veille personnellement à ce que tous les dossiers qu’elle traite bénéficient d’une attention particulière.
   « Je passe sur toutes les actions qui sont entreprises, et elles sont nombreuses, pour évoquer une affaire en cours. Des personnalités en France et au Maroc ont souhaité sortir de l’oubli  les péripéties de l’émigration des juifs marocains, et en particulier le naufrage d’une embarcation emportant ses quarante-trois passagers par une nuit de tempête en février 1961.
   « Un mémorial sera érigé sur la côte marocaine d’où partaient clandestinement ces juifs, et un mémorial identique dans le département du Gard, dans l’enceinte du camp qui leur servait de transit. J’ai donné mon accord pour inaugurer au moins l’un des deux. J’estime que tout ce qui peut être fait  pour rappeler les exactions commises contre des juifs relève du Devoir de Mémoire. Même si les faits incriminés ont eu lieu hors de France, car le Devoir de Mémoire a une dimension universelle.
   « J’irais jusqu’à défendre les références à l’holocauste, exprimées dans le documentaire qui relate cette épopée. Ce terme a une connotation spécifique, relative à une période déterminée, mais on devrait pouvoir aussi l’utiliser pour caractériser certaines tragédies dont les victimes seraient juives. Et il n’est pas mauvais de dramatiser à bon escient. Je soutiendrai donc le vocable « holocauste » partout où il me sera loisible de le faire, notamment au Maroc qui en est partie prenante.
   « Ce ne sont pas là que des engagements personnels. Sur tout ce qui vient d’être dit, la République s’en trouve engagée à l’avenir, par la présence des principaux responsables politiques, ceux qui sont fidèles à nos valeurs, et qui demain pourraient assurer l’alternance. Quelle que soit l’issue des élections, et mon adversaire est là pour le confirmer, je le vois sourire mais sa victoire est loin d’être acquise, rien absolument rien ne sera modifié pour la communauté juive. Nous continuerons à travailler ensemble, gauche et droite unies, pour lui assurer la sécurité, l’intégrité et l’épanouissement dans notre pays. La France ne serait pas la France sans votre présence millénaire. Je vous remercie. »


Prologue

   « Monsieur le président du CRIF, membres du gouvernement, représentants élus, dignitaires religieux, Mesdames et Messieurs, c’est un honneur et un privilège de m’adresser à vous au nom de la France. À la veille d’une échéance électorale décisive dans notre vie démocratique, je réalise à quel point ces notions ne recouvrent pas un formalisme convenu, puisque la volonté du peuple français pourrait m’en priver dans un an. Et cette perspective, je l’avoue, m’attristerait profondément. Moins la perte de la fonction suprême dont la durée est limitée par la constitution que ces opportunités de représenter l’unité du pays, de réaffirmer les valeurs de la République, et de voir ainsi à l’œuvre comme ce soir la concrétisation de l’idéal républicain.
   « L’Histoire nous réserve souvent bien des surprises, dont la moindre n’est pas des retournements de situations sidérants, impossibles même à concevoir. Des retournements qui corrigent les errements passés et constituent une espèce de rédemption. Qui aurait pu imaginer, après les soubresauts tragiques étalés sur des siècles en matière de luttes politiques et religieuses, que la Communauté qui a le plus souffert de discriminations et d’agressions jusqu’au crime le plus abject de l’Histoire, que cette Communauté soit non seulement revenue dans le giron de la République, mais nous offre l’occasion de célébrer ces retrouvailles républicaines ?
   « Quelle leçon magistrale pour tous ceux qui n’ont pas abdiqué et qui croient inlassablement en nos valeurs et se battent au quotidien pour les faire appliquer encore et toujours !
   « Car il est vrai que ces valeurs ne sont jamais acquises une bonne fois pour toutes, même inscrites dans les textes les plus sacrés, même gravées dans le marbre des constitutions. Ce combat ne doit jamais cesser. La réunion de ce soir est comme un miracle qu’il faut défendre et renouveler, multiplier et diversifier, pour qu’il s’incruste et fasse partie intégrante, indélébile, inéluctable, indiscutable, pérenne, de notre patrimoine à tous.
   « On entend ici et là des remarques, dissimulant mal un ressentiment sournois, et non dépourvu d’arrière-pensées équivoques, sur les attentions excessives dont bénéficierait ladite Communauté. Des paroles prononcées par les plus hautes autorités de l’État ont pu laisser l’impression d’une considération particulière réservée à nos concitoyens de confession juive, et qui aurait porté atteinte au principe d’égalité. Il convient de rappeler, même si d’un point de vue purement comptable cela n’est pas erroné, que ces marques appuyées de sympathie et de soutien venaient généralement après des actions terroristes qui les visaient en tant que tels ; que notre devoir a été de leur fournir la meilleure protection possible et les rassurer sur la détermination de la République de les protéger par tous les moyens.
   « Il est vrai, et ceci n’est pas incompatible avec nos principes fondamentaux, que la République a un devoir particulier envers ses citoyens juifs. Sans reprendre un historique fastidieux et peu glorieux des exactions et des humiliations que notre pays leur a fait subir pendant des siècles, ce qui s’est passé pendant la seconde guerre mondiale en a constitué le summum, engageant même notre responsabilité morale, notre dette ne sera jamais entièrement payée.
   « Et pourtant, malgré toutes ces vicissitudes, les juifs n’ont jamais renoncé aux espoirs qu’ils mettaient dans la France, et à leur foi inébranlable dans son redressement moral. Ils avaient l’intime conviction que l’espérance et la lumière viendraient toujours à bout des périodes sombres.
   « Dans ce sens, ils nous ont donné et nous donnent encore des leçons de foi humaniste et patriotique que d’autres groupes feraient bien de méditer.
   « C’est la signification de notre présence massive à ce dîner annuel. Toutes les instances de la République y sont représentées et souvent à leur plus haut niveau.
   « Il faut que le message passe, et nous le martèlerons tant qu’il subsistera la moindre trace, la manifestation la plus anodine, ou ces soi-disant parodies humoristiques, de cette idéologie pernicieuse qui vise une seule communauté.

   « Je le dis sans ambages et de façon solennelle : La République traquera avec la plus extrême vigilance et punira avec la plus grande sévérité toute expression antisémite. Beaucoup a été fait dans ce sens. L’arsenal juridique se renforce. L’Éducation nationale y veille en formant les jeunes esprits. Les médias contribuent au mieux. La justice condamne sans désemparer. L’hydre malfaisante semble pourtant renaître de façon sournoise en se dissimulant derrière des opinions politiques ou en profitant du cadre libéral et anonyme des réseaux sociaux. Les organisations juives nous ont fait part de leurs inquiétudes, inquiétudes tout à fait légitimes, et que nous considérons avec le plus grand sérieux. Des démarches sont entreprises pour qu’aucune expression à caractère antisémite ne demeure impunie. La République mettra tout en œuvre pour extirper à jamais ce mal insidieux qui déshonore notre civilisation. J’en prends ici le ferme engagement.
   « Cela passe également par un travail constant sur la Préservation de la Mémoire. Tout doit être fait pour qu’on n’oublie jamais. J’ai d’ailleurs créé un secrétariat d’État à cette fin, et je suis heureux que son premier titulaire soit une femme d’origine maghrébine. Quel merveilleux symbole ! Madame Badia El Ghomri, qu’on peut applaudir, fait un travail remarquable, malgré sa jeunesse et son inexpérience. Je veille personnellement à ce que tous les dossiers qu’elle traite bénéficient d’une attention particulière.
   « Je passe sur toutes les actions qui sont entreprises, et elles sont nombreuses, pour évoquer une affaire en cours. Des personnalités en France et au Maroc ont souhaité sortir de l’oubli  les péripéties de l’émigration des juifs marocains, et en particulier le naufrage d’une embarcation emportant ses quarante-trois passagers par une nuit de tempête en février 1961.
   « Un mémorial sera érigé sur la côte marocaine d’où partaient clandestinement ces juifs, et un mémorial identique dans le département du Gard, dans l’enceinte du camp qui leur servait de transit. J’ai donné mon accord pour inaugurer au moins l’un des deux. J’estime que tout ce qui peut être fait  pour rappeler les exactions commises contre des juifs relève du Devoir de Mémoire. Même si les faits incriminés ont eu lieu hors de France, car le Devoir de Mémoire a une dimension universelle.
   « J’irais jusqu’à défendre les références à l’holocauste, exprimées dans le documentaire qui relate cette épopée. Ce terme a une connotation spécifique, relative à une période déterminée, mais on devrait pouvoir aussi l’utiliser pour caractériser certaines tragédies dont les victimes seraient juives. Et il n’est pas mauvais de dramatiser à bon escient. Je soutiendrai donc le vocable « holocauste » partout où il me sera loisible de le faire, notamment au Maroc qui en est partie prenante.
   « Ce ne sont pas là que des engagements personnels. Sur tout ce qui vient d’être dit, la République s’en trouve engagée à l’avenir, par la présence des principaux responsables politiques, ceux qui sont fidèles à nos valeurs, et qui demain pourraient assurer l’alternance. Quelle que soit l’issue des élections, et mon adversaire est là pour le confirmer, je le vois sourire mais sa victoire est loin d’être acquise, rien absolument rien ne sera modifié pour la communauté juive. Nous continuerons à travailler ensemble, gauche et droite unies, pour lui assurer la sécurité, l’intégrité et l’épanouissement dans notre pays. La France ne serait pas la France sans votre présence millénaire. Je vous remercie. »

dimanche 22 juillet 2018

La fonction du Traître dans une organisation totalitaire


La fonction du Traître dans une organisation totalitaire
Dans une organisation démocratique, c’est-à-dire ouverte et tolérante, dans laquelle la direction peut être contestée et les grandes orientations discutées, il y a rarement des Traîtres, mais plutôt des dissidents ou des contestataires qui peuvent s’exprimer à l’intérieur ou partir sans provoquer un drame.
Une organisation totalitaire se caractérise tout d’abord par l’existence d’un chef, incontestable, infaillible, respecté, adulé, autoritaire, inamovible, qui en vient à se confondre avec l’organisation elle-même. Sans lui, l’organisation ne serait rien ou presque. C’est un leader et un patron qui ne peut souffrir l’ombre d’une opposition, voire même l’apparition d’une personnalité d’envergure.
Une organisation totalitaire a quelques dogmes, 3 ou 4 pas plus, qui constituent le fondement de son action et la bible de ses militants.
Autour du chef, quelques théoriciens chargés de propager la bonne parole et quelques chiens de garde pour la discipline. Tous évidemment vouent au chef une fidélité à toute épreuve.
Parfois le bel ordonnancement coince pour diverses raisons. Occupons-nous ici de l’apparition du Traître et de sa fonction.
Le Traître remet en cause, d’une façon ou d’une autre, l’autorité suprême du chef ou l’un des dogmes fondamentaux. Son élimination, si elle devient nécessaire, doit aussi remplir des fonctions essentielles à la survie et à la cohésion de l’ensemble.
La mise à l’index du Traître obéit à une mise en scène.
Dans une organisation totalitaire (étatique) qui dispose de la violence légitime, le Traître est amené à reconnaître publiquement ses torts et à accepter la sanction ultime (la mort) dans l’intérêt supérieur de l’organisation. C’est le summum de la manipulation. Voir « Le zéro et l’infini » d’Arthur Koestler.
Mais une organisation totalitaire qui n’a pas de pouvoir étatique se contentera chasser le Traître avec une campagne d’insultes, de chantages, de dénigrements, d’insinuations, de mépris, de violences, pour extirper le serpent venimeux accueilli naïvement en son sein (le parti communiste français avec Sartre ou Roger Garaudy par exemple).
Le Traître a donc cette fonction de purger l’organisation de cette tumeur, de la libérer de ce corps étranger et malicieux qui s’est infiltré insidieusement et qui a été heureusement démasqué, pour lui redonner sa pureté d’origine. Débarrassée de cette tumeur, l’organisation peut se lancer de nouveau dans le combat avec un horizon éclairci. En attendant le prochain Traître.
Par ailleurs, la chasse au Traître permet aux militants de se défouler et d’espérer. Quoi de plus gratifiant que de déverser un tombereau d’insultes sur celui qui est offert à la vindicte, et dans une saine émulation dans les propos les plus bas, les plus vulgaires, les plus mensongers. Cette campagne de défoulement sera d’autant plus violente que le Traître aura été adulé quelques semaines auparavant. Que d’épisodes vont-ils se raconter sur les manœuvres dont ils ont été les victimes ! Et comment leur bonne foi aura-t-elle été trahie avec autant d’impudence !
La chasse au Traître va permettre aux militants de comprendre et d’accepter  pourquoi l’organisation n’a pas atteint ses objectifs, en général irréalistes, car il s’agit ni plus ni moins de renverser le système établi.
Les militants iront de nouveau aux sacrifices qui leur seront demandés en temps, en argent, en énergie, en relations, en activités intellectuelles ou récréatives.
Comme dit l’adage, si le Traître n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Jacob Cohen
22 juillet 2018