jeudi 20 août 2020

LE SIONISME EST-IL INVINCIBLE?

 

LA  DÉROUTE  ARABE

Les anciens se rappelleront l’époque glorieuse, celle où tous les espoirs étaient permis : On récupérait l’indépendance politique, et avec elle la liberté, la dignité, l’honneur, l’espérance, la confiance.  J’étais trop jeune et peu au fait de la politique, mais je me souviens de ces mouvements de masse qui donnaient le vertige, voire une crainte indicible. Mon père, commerçant à Meknès, peu instruit, politiquement analphabète, avait mis son petit monde dans une camionnette de livraison, il ne savait pas conduire, et en route pour Rabat, pour célébrer le retour d’exil du roi Mohamed V. J’avais 12 ans.

Je n’ai pas eu le temps de commencer à comprendre que j’ai été embrigadé dans l’un des 4 mouvements de jeunesse sionistes mis en place par le Mossad et l’Agence juive pour encadrer la jeunesse et la faire partir en Israël. C’est une autre histoire que j’ai racontée par bribes. Les souvenirs de cette période que j’ai du nationalisme arabe me sont revenus rétrospectivement, comme si l’esprit les avait conservés et préservés de la pollution idéologique qui m’entourait. Et lorsque ma conscience politique commença à s’ouvrir, je me suis souvenu de la ferveur populaire autour de la Radio du Caire lorsqu’elle passait Oum Khalthoum et de la détresse de mes condisciples à la Faculté de Droit de Casablanca en juin 67.

C’était l’époque héroïque où les leaders progressistes arabes (les réacs jubilaient de leur défaite) mettaient la Palestine en avant, ayant compris (il suffit de regarder la carte du Proche-Orient) que l’État sioniste était comme un poignard enfoncé dans leur chair, une blessure qui les tuait à petit feu. Et que toutes leurs ambitions étaient vouées à l’échec s’ils ne s’en débarrassaient pas, ou s’ils n’arrivaient pas pour le moins à une solution politique juste et raisonnable : Régler dignement la question de la Palestine et de ses réfugiés de 48. C’était comme une espèce de dogme indépassable. Et cela aurait été possible, sous l’égide de De Gaulle par exemple, si on ne s’était pas trompé sur la nature du sionisme, et qui va éclairer la suite.

La propagande israélienne à l’époque reposait sur 2 axiomes, supposés montrer leur « volonté de paix », mais au fond contradictoires. Le premier, répété ad nauseam par tous les responsables sionistes : « Nous sommes prêts à rencontrer n’importe quel dirigeant arabe, n’importe où et sans condition ». Je reconnais que dans les années 50 et 60 cela faisait son effet, surtout face au refus « rigide » de l’autre camp. Sauf que, l’État juif a refusé, et refuse, 2e axiome, avec une obstination remarquable toute conférence internationale pour régler le conflit, conférence où pourtant il n’aurait eu que des amis ou au pire des neutres. C’est la preuve éclatante qu’une paix véritable est la hantise de l’establishment militaro-sécuritaire sioniste.

Une observation en passant : Pourquoi la diplomatie arabe n’a pas mis tout son poids dans l’organisation de cette conférence, laissant face à face l’ogre sioniste et la brebis palestinienne ?

La Palestine constituait tellement ce dogme que lorsque Sadate avait signé la paix avec Israël en 1979 sans avoir réglé le conflit palestinien, l’Egypte, tout de même, a été exclue de la Ligue Arabe et le siège de la L.A. transféré à Tunis. Ce qui ne risque pas d’arriver aux ÉAU, ni à Bahreïn, ni à Oman, ni au Soudan, ni à l’Arabie Saoudite, ni à d’autres pays qui n’attendent que la bonne feuille de vigne qui couvrirait leur indignité.

Le vent a tourné. Le travail de sape des sionistes a payé. Leur politique du fait accompli aussi. Israël a bravé tous les Cassandres qui lui promettaient les pires catastrophes. C’est une bonne leçon à méditer pour ceux qui veulent appréhender les relations internationales dans leur dure réalité.

Ayant été un militant de l’intérieur, dont le bagage idéologique s’est constitué progressivement avec les années, je m’étais imbibé de certains traits propres à l’idéologie sioniste, renforcés par mes nombreuses visites familiales en Israël et par cette imprégnation du quotidien qui échappent à l’observateur étranger. Ce qui m’amène à penser que ceux qui combattent le sionisme n’en ont pas cette connaissance intime et ne prennent pas les voies efficaces pour le combattre.

J’ai un compte à régler avec le sionisme. Et je parle au nom des centaines de milliers de juifs extirpés du Maroc et d’autres pays arabes pour servir un projet de conquête qui ne les concernait pas. Et lorsque ces juifs ne répondaient aux sirènes de cette idéologie, ils se sont installés ailleurs, car l’objectif du sionisme, insidieux mais implacable, fut de rendre toute coexistence judéo-arabe impossible. C’est une immense tragédie humaine, religieuse, spirituelle, intellectuelle, civilisationnelle, que l’effacement de ces communautés millénaires, avec leurs coutumes et leurs savoirs. Voilà un des crimes du sionisme. Un crime qui passe quasiment inaperçu, oublié dans les limbes de l’Histoire. Un crime que les pays arabes omettent de comptabiliser dans le bilan du conflit.

Ce fut ma première confrontation concrète avec le sionisme, ce qui m’a fait basculer dans le rejet et le dégoût, avant même d’étayer avec les arguments historiques et politiques, lorsque j’ai vu ces juifs marocains, dévastés et dans un état de sidération, ne comprenant pas ce qui leur arrivait et n’ayant même pas les mots pour l’exprimer. Comment était-ce possible d’arriver dans un pays « juif » et d’être traités comme des parias, des êtres inférieurs, humiliés, moqués, ballottés, écrasés, manipulés, maltraités, chargés par les flics ?

Ecrivant cela, il me vient la remarque suivante : Regardez les expressions des paysans et citadins palestiniens, vieillards femmes et enfants,  chassés comme des bêtes de leurs foyers en 1948, lorsqu’ils n’étaient pas tout simplement massacrés en masse, leur état de sidération : Etait-ce humainement possible ? Etaient-ils face à une race à part, inconnue du registre humain ?

Si on traite le sionisme comme un mouvement colonial classique, on n’a pas tout compris, on reste en-deçà de la vérité, et on est impuissant à le combattre. Le sionisme ne peut pas transiger, négocier, faire des compromis, chercher une solution pacifique.  Il est par nature, par essence, agressif, dominateur, manipulateur, conquérant. Il doit vivre sur le pied de guerre et sauvegarder sa pureté ethnique. Sinon il se diluera dans un pacifisme débilitant et un brassage avec les citoyens arabes : une hérésie et une calamité.

Le sionisme est destructeur. Il jouit de la destruction des biens d’autrui. Il avait rasé 450 villages palestiniens avec leurs fermes, leurs boutiques, leurs mosquées, leurs cimetières. Un des slogans favoris du complexe militaro-sécuritaire sioniste  dans les années 60 était : « Nous ramènerons la Syrie (ou l’Egypte) à l’âge de pierre ». Ehud Barak qualifiait Israël de « villa dans une jungle ». En signant la « paix » avec l’Egypte, le régime sioniste devait rendre le Sinaï. Mais ils avaient déjà construit une ville de 10 000 habitants dans le Sinaï, Yamit. Et pour ne pas la donner comme ça, ils l’ont dynamitée maison par maison.

Il y a une dimension incontournable concernant les tenants de l’idéologie sioniste : Ils détestent les « goyim » et ils ont un mépris incommensurable pour les Arabes. Allez consulter les dires de Ovadia Yossef, une des plus grandes autorités spirituelles de l’État juif ! Ile ne peuvent imaginer qu’une paix de dominant à dominé. Ils ont établi cette règle : Entre le Jourdain et la Méditerranée il ne peut y avoir qu’un seul nationalisme. Malheur au vaincu !

Comment Arafat a-t-il pu se laisser manipuler, et une fois conscient de la manipulation, pourquoi a-t-il continué à jouer leur jeu, leur offrant la crédibilité dont ils avaient tant besoin ? Pourquoi ses successeurs, avec la bénédiction des régimes arabes, continuent-ils à courir après ce mirage d’un « État de Palestine » qui ne serait au mieux qu’un Bantoustan ?

Il faut se poser lucidement la question : Comment en est-on arrivé là ? Les roitelets du Golfe n’ont pas été pris d’une frénésie soudaine de la trahison. Le rapport de force a changé, et ce depuis quelques années déjà, et aujourd’hui on en voit le résultat.

C’est sur ces terrains qu’il faut affronter le sionisme avec des chances de réussite. Et on peut faire confiance aux tenants de cette idéologie : ils ne s’arrêteront jamais dans leur désir de conquête et de domination. Mais il faudrait les attaquer là où ça fait mal, et créer les conditions d’unité et de synergie. Le monde arabe, enfin celui qui veut résister, peut et doit trouver des appuis partout et surtout en Occident, il serait même surpris de constater à quel point le régime sioniste suscite un rejet viscéral et un écœurement grandissant. Ce serait dommage de passer à côté de ce potentiel. Enfin, j’encourage les frères arabes à nouer des contacts avec les citoyens arabes d’Israël, qui leur expliqueront mieux que personne la nature du sionisme et les manières de la combattre.

Il y a des calamités propices à une remise en cause et à un réajustement des moyens de résistance. L’implantation du sionisme dans les pays du Golfe en est certainement une.

Jacob Cohen

20 août 2020

 

 

 

mardi 7 juillet 2020

ANNEXION EN PALESTINE : UN « SUSPENSE » INSOUTENABLE


ANNEXION EN PALESTINE : UN « SUSPENSE » INSOUTENABLE
Le régime sioniste a infligé à la communauté internationale un « suspense » qui l’a maintenue, et la maintient encore, dans un état de folle incertitude. Allait-il appuyer sur le bouton de l’annexion de pans entiers de ce qui reste de la Palestine ? Le monde entier attendait avec appréhension, ce 1er juillet, le geste fatal d’un État voyou qui fait la nique à toutes les lois internationales et contre qui il se sent totalement impuissant.
Pour mémoire, la Russie, deuxième puissance mondiale, membre permanent du Conseil de Sécurité, détentrice d’un droit de véto, s’est vu infliger des sanctions économiques réelles pour avoir récupéré une région incontestablement russe après un référendum favorable écrasant.
Netanyahou a daigné reporter sa décision sans commentaire ni explication. Ce ne sont pas les appels à la « modération » ou au « respect du droit international » qui l’ont fait hésiter.
Il y a d’une part le feu vert américain qui tarde. Le président Trump est quelque part piégé. Son « deal du siècle » offrait bien à l’État sioniste les territoires promis à l’annexion, mais en contrepartie d’un État de Palestine, avec toutes les restrictions que l’on devine. Le banthoustan palestinien (morcelé, réduit et encerclé) aura le titre d’un « État », dont les frontières, l’espace aérien, les ressources hydrauliques et le commerce international seront sous le contrôle de son voisin et maître.
Netanyahou rencontre d’autre part l’opposition farouche de la plupart des colons de Cisjordanie, qui refusent toute idée d’un « État de Palestine ». En dehors de la symbolique qui les fait flipper, ils n’admettent pas que des colons juifs dans des colonies isolées ainsi que des sites cités dans la bible – document fondamental attestant de leur présence millénaire – se retrouvent sous une souveraineté palestinienne.
Les grandes voix habituelles qui comptent dans le monde, dans une espèce de valse des hypocrites, se sont émues de ce projet d’annexion, qui serait contraire aux principes fondamentaux du droit international, et patati et patata. Comme si le régime sioniste en était à sa première violation. Il a tout violé depuis 1948. La liste en serait fastidieuse et écœurante. Mais il faut bien faire semblant.
D’ailleurs les pays européens – Ah ! cette Europe qui détruit la Libye, sanctionne la Russie, fait les gros yeux aux dirigeants populistes et se soumet à l’unilatéralisme juridique de l’allié américain ! – ont laissé entendre qu’aucune sanction ne sera envisagée contre le régime sioniste. Une Europe incapable d’appliquer sa propre réglementation concernant l’étiquetage des produits venant des colonies. Vous comprenez, le traumatisme qu’une telle décision puisse avoir sur les survivants de la plus grande tragédie que l’humanité ait connue ! Non, l’Europe civilisée ne peut infliger aux descendants du peuple élu un second holocauste de type commercial.
Venons-en à cette annexion ! Pourquoi tant de remous ? Soyons réalistes ! Cette annexion n’est que la suite logique de l’occupation et de la colonisation de la Cisjordanie. Je dirais même que le deal proposé par le président Trump n’est que la traduction juridique d’une situation de fait sur le terrain, imposée par les sionistes, acceptée implicitement par la communauté internationale et à laquelle l’Autorité palestinienne n’a jamais cessé de donner son aval.
Oui, hélas ! nous n’en serions pas là si Yasser Arafat et ses successeurs n’avaient pendant 27 ans joué sur cette illusion d’un « État » palestinien alors que les réalités implacables leur en démontraient jour après jour l’inanité.
L’Histoire est pleine de ces fourvoiements qui ont coûté cher aux peuples qui se sont laissé – volontairement ou inconsciemment  – abuser.
Qu’est-ce qui a pu pousser Yasser Arafat, après 3 décennies de résistance, à accepter un accord aussi inique, trompeur, vide de toute concession concrète de l’ennemi, et dans lequel il lui offre « généreusement » 60% de la Cisjordanie ? Avait-il oublié le machiavélisme de l’ennemi sioniste ? Et son racisme ? Et la brutalité de ses représailles ? Et le nettoyage ethnique qui se poursuit sous diverses formes ?
Avait-il conscience qu’en signant ces accords en 1993 il déroulait le tapis rouge de la légitimité internationale à un occupant au bout du rouleau ? Pour exemple, la Chine et l’Inde ont noué à cette occasion des relations diplomatiques avec un Israël devenu fréquentable.
Et quand bien même il se serait trompé à la signature, n’avait-il pas vu pendant 11 années, c’est long 11 années, la colonisation sioniste prendre possession de sa « patrie », la démembrer et l’étrangler, rendant utopique un « État » palestinien viable ?
Comment peut-on accepter des « négociations » de paix pendant 27 ans et encore on n’en voit pas l’issue ? Tous les conflits dans l‘Histoire se sont conclus en quelques semaines ou quelques mois.
C’est fou comme les dirigeants palestiniens se sont accrochés au droit international, aux principes de justice, aux textes juridiques et aux résolutions. C’est pathétique. Ça frise la stupidité, la lâcheté, en un mot la connerie.
Rappelez-vous ces images d’un Mahmoud Abbas reçu à Paris et à Berlin, caressé dans le sens du poil comme un bon caniche, à qui on promet une « solution à 2 États », et qui repart tout content avec un gros chèque !
Et pourtant, ils détenaient une espèce de bombe atomique contre leur ennemi sioniste. Laisser tomber les accords d’Oslo, abandonner la fiction d’une solution à deux États, rendre à Israël son vrai statut d’occupant et se battre pour l’égalité des droits comme en Afrique du Sud.
L’annexion me paraît anecdotique. C’est un non-événement. Y a-t-il eu un tremblement de terre après la légitimation de Jérusalem comme capitale sioniste ? L’annexion est déjà un fait accompli sur le terrain. Mais cette perspective permet à des gouvernements de se donner bonne conscience et à des manifestants de s’illusionner. Sur le terrain, il y a près de 750 000 colons, inclus la partie arabe de Jérusalem, dont six villes de plus de 50 000 habitants chacune. Dans la configuration actuelle des rapports de force, y a-t-il dans le monde un esprit lucide capable d’imaginer que les sionistes ramèneront seulement 10%, ou même 1%, en-deçà de la ligne verte ? Y a-t-il un utopiste chimérique capable de prédire que les sionistes renonceront à la Vallée du Jourdain ?
La seule perspective optimiste qui ressort de ce sombre tableau, à notre avis, c’est que les sionistes se croient tout permis, et ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Le peuple palestinien de Cisjordanie doit encore payer le prix fort en humiliations et exactions et expropriations pour sa prétention à exister. Les sionistes devront un jour conquérir l’autre rive du Jourdain, celle qui appartient, provisoirement, à la Jordanie, et qui les a toujours fait saliver. Leur arrogance démentielle, qui aujourd’hui fait taire les gouvernements, suscite une résistance sourde et profonde au sein des populations. Leur racisme viscéral, voir leur loi sur l’État-nation du peuple juif, conduira un jour les peuples arabes à retrouver leur fierté et leur dignité.
La société sioniste est une société de malades qui se vide de ses forces vives et progressistes et qui glisse inexorablement vers l’intégrisme et le messianisme fascisants. C’est sur ces points qu’il faut taper.
Voici ce que disait l’ancien numéro 2 de tsahal, Yair Golan, considéré désormais comme fou dans son pays :
« S'il y a une chose qui me terrifie par rapport à la mémoire de la Shoah, c'est de voir les tendances atroces qui se sont développées en Europe en général, et en Allemagne en particulier, il y a 70, 80 et 90 ans, et de voir des indices de ces tendances ici, parmi nous »
L’idéologie sioniste est tournée vers la conquête et la domination à l’extérieur, et l’apartheid à l’intérieur. C’est une idéologie de guerre. C’est en tant que telle qu’il faut la combattre. Croire que l’on puisse envisager une coexistence pacifique basée sur le droit et la justice relève de l’illusion folle.

mardi 16 juin 2020

LETTRE OUVERTE A LA LICRA


LETTRE OUVERTE À LA LICRA
Condamnation Judiciaire
La Licra vient de gratter un billet de 500 balles à mes dépens.
C’est peanuts. C’est presque grotesque pour la Multinationale des Droits Humains, de certains droits humains appartenant à la catégorie supérieure. Une multinationale dont le budget annuel frôle le million d’euros. Sans compter les dizaines de milliers d’euros grappillés en se constituant partie civile. Car il y a tellement de gens malveillants qui n’obéissent pas aux règles élémentaires de la bienséance en propageant des propos inconvenants dans une société policée. Plus prosaïquement des propos « haineux ».
La LICRA n’a pas trouvé à son goût 5 ou 6 de mes tweets, qui se voulaient humoristiques. Il est vrai qu’ils prenaient certaines libertés avec des sujets sensibles dont le traumatisme est toujours vivace ; et un de ces tweets consistait à revendiquer mon geste de la quenelle photo à l’appui, et on comprend l’effroi qui a saisi la Multinationale des Droits Humains et l’institution judiciaire ; on ne devrait pas jouer impunément avec les fantômes de l’Histoire ! Ça vous fait des frayeurs rétrospectives.
C’est le droit de la LICRA de ne pas apprécier mes tweets. La détestation est réciproque. Nous ne devons pas avoir le même sens de l’humour. Mais la Multinationale des Droits Humains préférentiels catégorie « triple A+++ » ne tolère pas la moindre pointe de dérision touchant à sa caste. Aurais-je exercé mon petit talent contre les têtes de turcs (au sens mahométan) habituels en France, on m’aurait peut-être ouvert grands les médias.
Curieuse procédure que la mienne : Sur plainte de la LICRA, la Justice a réagi très vite – Il y a comme ça des affaires prioritaires – en me faisant convoquer par un officier de police judiciaire. N’ayant pas envie de participer à la mascarade, j’ai gardé le silence, conformément à mes droits. Et quelques mois plus tard, je reçois une ordonnance pénale d’un juge au tribunal judiciaire de Paris me condamnant à une amende avec sursis vis-à-vis de l’État. Il semble que ce tribunal n’ait pas osé prononcer le sursis sur la demande de 2000 euros de la « pauvre » LICRA. Vous imaginez l’affront fait à cette institution ! Il y a des carrières qui se font et se défont sur de pareils malentendus. Ce sera donc 500 euros fermes à verser dans les caisses de la Multinationale des Droits Humains. Une misère !
Mais quelle immense victoire pour une multinationale millionnaire contre un vieux retraité qui vit, selon les critères économiques, au-dessous du seuil de pauvreté. Remarquez, il faut mettre au crédit de la LICRA de ne pas avoir demandé 20 000 euros (tarif habituel) pour le traumatisme subi par mes tweets. Mon nom aurait-il joué en ma faveur et aurait attendri des cœurs endurcis et intraitables ?
Ce jugement n’est pas définitif. Je pourrais faire appel, mais je ne le ferai pas, quitte à verser 20 ou 30 euros par mois pour calmer le juste courroux de la Multinationale des Droits Humains. D’abord en appel je n’aurai aucune chance contre la multinationale. Je ne dirai pas comme les hommes politiques : « J’ai confiance dans la justice de mon pays ». Et en second lieu je n’ai ni envie de voir leurs gueules ni participer à la mascarade.
Mais… la Multinationale des Droits Humains peut considérer que les 500 euros que le tribunal lui a accordés pour le fameux traumatisme ne sont pas suffisants pour laver son honneur et fera donc appel. 

C’est une constante de cette Communauté, lorsqu’elle acquiert du pouvoir, de se montrer intransigeante, arrogante, de développer un sentiment d’impunité, d’oublier les leçons du passé ainsi que les sentiments de rejet qu’elle développe au sein des populations et d’en payer un jour le prix.
NB. Au moment où le franc existait, on demandait le « franc symbolique » pour un outrage. Les temps ont bien changé. On se demande qui a bien pu pousser à une telle monétisation et à un tel renchérissement. Question à 500 euros.
Jacob Cohen
16 juin 2020