vendredi 23 août 2019

JACOB COHEN INTERDIT DE VISA EN SYRIE

JACOB COHEN INTERDIT DE VISA EN SYRIE
J'ai été invité à participer à un congrès syndical à Damas du 6 au 11 septembre. L'organisation invitante m'avait déjà acheté le billet et j'ai envoyé une contribution écrite que je devais lire devant le Congrès. Mais étant un juif et avec le nom de COHEN (comme un certain espion sioniste Eli Cohen pendu à Damas en 1965) les autorités syriennes m'ont informé que le visa que je devais obtenir à la frontière libanaise avec la trentaine d'autres participants me serait refusé.

dimanche 14 juillet 2019

IRAN: VERS LA GUERRE ?


L’épine iranienne

Comme tous les pays riches en pétrole, l’Iran a subi les pressions britanniques puis américaines pour l’empêcher d’atteindre à son indépendance politique et technologique. Cela a commencé dès 1906 comme raconté par le Musée de la Révolution à Ispahan. Cela s’est poursuivi avec Mossadegh remplacé par le Shah en 1953 suite à un complot de la CIA. L’Occident a fait les yeux doux à Saddam Hossein pour mener une guerre meurtrière de plusieurs années contre son voisin iranien. En vain, et il a payé de sa vie sa trahison et sa collaboration.

Depuis une vingtaine d’années, le régime sioniste a mené une campagne d’intimidations, de harcèlements, de manipulations, de pressions, pour amener l’Occident à demander des comptes à l’Iran sur son prétendu programme nucléaire militaire. Campagne renforcée de fausses déclarations attribuées aux dirigeants iraniens sur leur volonté de « détruire » l’État juif comme s’ils ignoraient que celui-ci dispose de quelque 200 têtes nucléaires prêtes à l’emploi. Et campagne émaillée d’assassinats de scientifiques iraniens en Iran et à l’étranger, une spécialité du Mossad sur laquelle les autres pays préfèrent fermer les yeux.

Le problème est que l’Iran n’a pas plié. Contrairement à la quasi-totalité des pays arabes qui se couchent ou se laissent manipuler ou cherchent une protection illusoire auprès de leurs « amis » américano-sionistes, le régime iranien n’a en rien cédé de sa souveraineté, de sa liberté, de son indépendance, de sa volonté inébranlable de se développer et de développer ses moyens de défense notamment les missiles, se disant même prêt à se défendre contre toute agression. Et si cette agression n’eut pas lieu malgré les provocations hystériques israéliennes, c’est que le morceau était dur à avaler.

Les 5 grandes puissances + l’Allemagne ont fini par comprendre qu’il valait mieux chercher un compromis, qui éloignerait la menace nucléaire et renforcerait une stabilité régionale, mais dénoncé évidemment par le régime sioniste. On peut longuement spéculer sur les raisons (état profond, électorat évangéliste, gestion personnelle) qui ont poussé Trump à dénoncer l’accord. Pour notre plus grand malheur. Car l’Amérique demeure cet Empire qui peut imposer à tous les pays de se soumettre à l’embargo et au boycott qu’elle a unilatéralement décidés. L’hyper-puissance numéro 1 dans toute sa splendeur. Dans le combat économique de titans qui oppose les États-Unis et la Chine, l’Iran ne pèse pas lourd. De même pour l’Inde et autres économies mondiales qui craignent l’unilatéralisme juridique yankee. Le dossier iranien montre aussi que la Russie n’a pas repris la place de l’URSS qui avait son mot à dire dans la région et contre les intérêts fondamentaux de laquelle l’Amérique ne pouvait agir. L’Europe est paralysée par son appartenance à l’OTAN et son soutien viscéral à la « sécurité » d’Israël.

Le doigt sur la gâchette, le couple américano-sioniste temporise depuis 20 ans. Israël et surtout l’Amérique se sont déjà lancés dans des aventures militaires sans considération pour le chaos organisé. On peut même dire que ces 2 pays ne peuvent déposer les armes et chercher un modus vivendi pacifique avec le reste de l’univers. Pour ne pas plonger dans la guerre civile pour le 1er, à cause du lobby militaro-industriel pour la seconde. L’Iran est quasiment l’ennemi idéal, transformé par la propagande en menace existentielle pour la région et surtout pour le « petit » État juif menacé d’une nouvelle Shoah. Mener contre lui une guerre aérienne ou par missiles – ils ne sont pas suffisamment inconscients pour lancer des opérations terrestres – aurait pu être envisagé malgré les pertes prévisibles, celles-ci constituant même un motif de vengeance ou de stimulation auprès de leurs populations. Mais il y a ce Détroit d’Ormuz qui pourrait être miné et toutes les installations pétrolières des monarchies à portée de canon ! Et là ce serait la fin des haricots pour l’économie mondiale.

Il semble peu probable que l’Iran soit entraîné dans un conflit militaire d’envergure mais la stratégie d’étranglement peut lui être sinon fatale du moins dommageable pour sa stabilité et sa cohésion intérieures si elle se prolonge pendant quelques années. Et on ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter sauf une évolution politique intérieure aux États-Unis ou une prise de conscience de quelques pays importants qui se sentiraient menacés à long terme en laissant l’impérialiste américain dicter sa volonté au reste du monde.

Jacob Cohen
14 juillet 2019


lundi 18 mars 2019

MON ANTISIONISME


MON ANTISIONISME
C’est la question qui secoue le landernau politique en France pour éviter de se poser la vraie question sur Israël ou l’État juif comme il aime à se définir de plus en plus de manière restrictive.
On a beaucoup glosé sur l’assimilation entre antisionisme et antisémitisme. On reconnaît là le génie maléfique de l’entreprise sioniste qui avait déjà réussi quelques renversements historiques spectaculaires. Faire passer la Palestine pour une « terre sans peuple ». Mener des guerres de conquêtes en se faisant passer pour une victime potentielle. Élargir son espace vital pour assurer sa sécurité. Détenir des centaines d’ogives nucléaires et accuser tout adversaire potentiel de vouloir commettre un nouvel holocauste.
Et voilà que les prestidigitateurs sionistes sortent de leur chapeau l’équation magique, inédite, ahurissante, fantasmagorique, de l’antisionisme = antisémitisme. Sans la terreur idéologique qu’exercent les lobbies juifs en Europe – le moindre éternuement du CRIF fait trembler les fondements de la République et lorsque Netanyahou fronce les sourcils l’Allemagne rampe et se couche – et le quasi-contrôle des institutions politiques américaines, cette équation aurait tout au plus suscité un rejet poli voire quelques sarcasmes sur cette prétention qui insulte l’intelligence.
Faut-il rappeler les nombreuses opposions juives contre l’entreprise sioniste et l’indifférence qu’elle a suscitée parmi les communautés de la diaspora bien installées ? Sans compter les oppositions rabbiniques constantes. Au Maroc, les rabbins nous mettaient en garde contre ces renégats (les agents sionistes envoyés sur place pour susciter des vocations) qui se prétendaient juifs. Israël a arnaqué les juifs des pays arabes, les prétendus juifs éthiopiens, les faux juifs soviétiques, pour la chair à canon, le lumpenproletariat et le remplissage des villes de développement.
Admettons qu’on oublie le crime originel du sionisme et qu’on admette que le peuple juif aurait droit à une parcelle pour s’y réfugier et trouver la paix. Mais on est loin du compte. Le sionisme révèle de jour en jour sa vraie nature : un projet expansionniste, militariste, raciste, messianique. C’est une Sparte qui doit vivre sur le pied de guerre. Les tensions internes sont telles que sans un ennemi extérieur il y aurait des guerres civiles. Une situation de paix comme on la connaît en Europe amènerait à une coexistence entre juifs et arabes israéliens, véritable cauchemar des identitaires sionistes. Sait-on qu’Israël est le seul pays au monde à avoir 2 systèmes d’éducation, de la crèche jusqu’au bac, totalement séparés et hermétiques, juif et arabe ? Dès leur création, les kibboutzim, fleurons de l’athéisme et du communisme, n’acceptaient pas les membres arabes.
Une question que nos analystes, les nouveaux dhimmis du Lobby qui n’existe pas, refusent d’affronter : Pourquoi Israël refuse une conférence internationale, où il n’aurait que des alliés ou des amis bienveillants, et qui prendrait en compte ses exigences territoriales et ses conditions de paix ? Et on trouverait une solution juste pour tous les peuples de la région. Parce que le sionisme, de par sa nature et tel qu’il a évolué, est fondamentalement un facteur de guerre. Il n’a pas fini d’élargir son « espace vital » au-delà du Jourdain. Avec l’équation qu’on veut nous vendre, de telles affirmations seraient considérées comme « antisémites ».
Que diraient les historiens dans 50 ans ? Comment de grands pays européens qui imposent des sanctions contre la Russie tremblent devant ce petit État voyou qui les nargue et les humilie ? Vous rappelez-vous cette scène de diplomates français malmenés par Tsahal ? Les diplomates européens font dans leur froc lorsqu’ils s’adressent aux Israéliens. Combiens d’installations financées par l’Union européenne en Cisjordanie pour alléger la souffrance des Palestiniens sont détruites par l’occupant sioniste au vu et au su des observateurs? Le plus comique, c’est que cette UE demande gentiment, humblement, faiblement, leur remboursement et se fait rabrouer comme un caniche dans un jeu de quilles.
Mon antisionisme ? Aider à mettre un terme à cette aventure qui a montré sa dangerosité et l’inaptitude à se réformer, et dont les conséquences toucheront aussi bien les juifs du monde entier. Mais avec ses tueurs du Mossad en embuscade, ses dizaines de milliers de « sayanim », son potentiel militaire et informatique et ses sous-marins nucléaires qui se baladent un peu partout, l’aventure sioniste n’est pas près d’être stoppée. Je dis parfois que Netanyahou est un modéré, et les gens se marrent, mais attendez de voir ceux qui viendront après lui.

Jacob Cohen
Ecrivain franco-marocain
19 mars 2019